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HOW CAN WE REBUILD LEBANON؟

المصدر: Annahar
Un immeuble à beyrouth (AFP).
Un immeuble à beyrouth (AFP).
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Fadlallah Dagher *

Les pathologies structurelles et émotionelles dont souffre le Liban sont connues. Il n’est de jour sans qu’elles ne soient énumérées dans la presse, sur les réseaux sociaux autant que dans les conversations sur tous les modes, y compris les modes satirique et ironique. Dénigrer les pratiques irresponsables courantes de la classe politique ou de nos compatriotes ne fera pas avancer les choses. Cette passivité revient à attendre et rêver vainement: ceux qui ont montré l’étendue de leur incompétence, de leur mépris des autres et de leur malfaisance n’entreprendont aucune action bénéfique pour la communauté des citoyens. Par contre, c’est par le cumul de petites actions entreprises à l’échelle de tout un chacun qu’il peut être possible de réagir et de construire.
 
 
Que puis-je? La somme des réformes à entreprendre, celle des problèmes posés est telle qu’il est plus simple de laisser aller en se convainquant qu’il n’est rien de possible en mon modeste pouvoir. Il est pourtant dans la capacité de chacun de faire à chaque instant un effort de rigueur pour se poser ne serait-ce qu’une règle de conduite basée sur ce qu’il s’autorisera ou pas: acheter au marché noir? Resquiller? Regarder ailleurs? Faire des ronds-de jambe? Se refuser à se laisser aller à ces travers si fréquents qu’ils en sont devenus bénins, est en soi une action à ma portée et qui peut s’avérer positive.
 
Bah! Direz-vous, cela ne suffit pas, que puis-je faire encore? Il y a pourtant tant à faire: donner une partie de son temps - même infime en aidant les autres, en participant à les soutenir sans souci de leur appartenance communautaire, tribale, raciale, etc. Il y a tant à faire, et il y en a tant qui font au quotidien ce que notre État ne fait pas. Engageons-nous modestement avec eux en faisant une seule et unique chose, ce que chacun sait faire de mieux.
 
Et puis encore? Qui nous aidera à pallier aux graves défaillances structurelles de l’État? La diaspora? Les nations étrangères? Qui pour nous libérer des ingérences de ci de là? Qui pour nous nettoyer les écuries d’Augias? Et pourquoi pas chacun d’entre nous, toi, moi, les autres, chacun à son échelle et dans le cadre de son expertise en apportant son concours à ceux qui tentent de structurer une alternative politique crédible hors des champs d’action des chefs de guerre et des chefs communautaires? Plutôt que d’attendre ce que fera un tel ou tel autre - en s’impatientant parce qu’on n’en voit pas le résultat, pourquoi ne pas donner un coup de pouce, une idée, un peu de mon temps?
Et si d’aventure je me suis déja engagé dans ces actions simples, que puis-je de plus? Essentiellement, je peux, je dois voter. Pas à l’aveugle, pas par antipathie pour un tel ou tel autre, mais par conviction que le changement viendra de moi et par moi.
Il eut été simple de dresser la liste des réformes prioritaires à accomplir: interdire les armes hors du contrôle de l’État, rétablir le ministère du Plan, assurer l’éducation et la santé pour tous, établir un système social qui ne laisse personne derrière, élaborer un plan directeur d’aménagement du territoire organisant les villes et les campagnes et préservant ce qui fait une spécificité essentielle du Liban: sa nature. Ces réformes viendront, mais seulement quand j’aurai accompli les petits gestes et les actions qui sont en mon pouvoir, moi, modeste citoyen aspirant à mon bien-être autant qu’à celui de mes concitoyens.

*Fadlallah Dagher est architecte. Il vit et travaille à Beyrouth. Il est membre de la Beirut Heritage Initiative, un collectif formé après le 4 août 2020 pour reconstruire et sauvegarder le tissu social et le patrimoine bâti.
 
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