Aujourd'hui inhumée à Saint-Tropez, Brigitte Bardot, toujours franche, a gardé une expérience mitigée de son passage au Liban en 1967

Liban 07-01-2026 | 12:39

Aujourd'hui inhumée à Saint-Tropez, Brigitte Bardot, toujours franche, a gardé une expérience mitigée de son passage au Liban en 1967

Dans ses mémoires, Brigitte Bardot ne cache pas que son passage au Liban, en 1967, fut marqué autant par l’éclat des réceptions que par une impression plus sombre. Elle rapporte avoir vécu un contact parfois oppressant avec la foule, où la curiosité débordait en gestes indiscrets et en regards insistants. Ce décalage entre l’admiration affichée et le manque de respect pour son intimité lui laissa un souvenir amer, révélant la fragilité de l’accueil mondain lorsqu’il se transforme en spectacle envahissant.
Aujourd'hui inhumée à Saint-Tropez, Brigitte Bardot, toujours franche, a gardé une expérience mitigée de son passage au Liban en 1967
Brigitte Bardot, toujours franche, etait passee au Liban en 1967 (Archive)
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Dans Initiales B.B. mémoires, Brigitte Bardot consacre quelques pages à son passage au Liban, un pays qu’elle découvre avec une curiosité sincère et une sensibilité à fleur de peau. Ce voyage, loin des plateaux de cinéma et des projecteurs parisiens, y décrit les paysages chers aux Libanais comme les montagnes qui plongent dans la mer, les senteurs mêlées de jasmin et de café, Baalbeck la merveilleuse.

Bardot ne se contente pas d’observer — elle ressent. Elle parle d’un dîner à Beyrouth où les conversations glissent entre politique et poésie, de sa visite à Baalbek où les colonnes antiques lui évoquent une beauté tragique, et d’un moment suspendu dans un monastère maronite, où le silence lui semble plus éloquent que mille discours.

 

Son témoignage, révèle une Bardot en quête de sens, loin de l’image figée de la star. Elle évoque aussi les paradoxes du pays : la douceur et la tension, la modernité et la mémoire, la joie et les cicatrices. Dans le contexte de ses mémoires, ce voyage au Liban agit comme un miroir : celui d’une femme qui, au sommet de sa célébrité, cherche encore à comprendre le monde et à se comprendre elle-même. Le Liban, à son age d'or dans les années 60, avec ses contrastes et sa profondeur, devient alors un lieu de résonance intime.

«Samir nous emmena chez sa maman, seul havre de paix et de discrétion dans tout ce bordel. La pauvre femme qui ne s'attendait pas à tout ce débarquement, fut merveilleuse de gentillesse et de dévouement...Ensuite, "J’étais invitée à Beyrouth pour une réception officielle. On m’a traitée comme une poupée de vitrine, exhibée, photographiée, jugée. J’avais l’impression d’être un objet de luxe que l’on montre pour flatter les égos. ... A Baalbeck, ce fut une bousculade sans merci, une foire d'empoigne d'un autre monde, un triste gachis. Les flashes, les flashes, les flashes, encore les flashes. Je me rappelle avoir supplié les photographes, les cameramen TV de s'écarter un peu afin de me permettre de contempler les merveilles que sont les ruines  des temples dédiés à Jupiter et Bacchus...

J'aurais tant aimé pouvoir me souvenir d'images uniques contemplées gravement, savourées doucement, et imprimées profondément dans ma mémoire. Toute cette populace me donnait la nausée, j'en avais marre, plus que marre.» 

Ce mercredi 7 janvier, à Saint-Tropez, de nombreux fans sont venus rendre hommage à B.B. depuis l’aube, patientant pour voir le cortège de leur idole, décédée à 91 ans suites d’un cancer avant d’être inhumée ce mercredi au cimetière marin de Saint-Tropez (Var), rejoignant le caveau où reposent ses parents et ses grands-parents. La cérémonie a débuté à 11 heures à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. 400 personnes ont été invitées par la famille et la fondation Brigitte Bardot. Son époux Bernard d’Ormale est apparu très ému, derrière ses lunettes noires.

Brigitte Bardot demeure l’une des figures les plus marquantes de la seconde moitié du XXème siècle.

Par son audace cinématographique et son style de vie librement assumé, elle a incarné une rupture profonde avec les normes sociales de son époque. Dès le succès de Et Dieu…créa la femme en 1956, Bardot s’est imposée comme le symbole d’une féminité affranchie, revendiquant le droit au désir, à l’indépendance et à l’expression personnelle. Son image publique, mêlant sensualité et insouciance, a contribué à redéfinir la place des femmes pas seulement dans la société française mais jusqu’à même les sociétés arabes, égyptiennes et libanaises en particulier. Sans se réclamer du féminisme militant, elle a néanmoins ouvert un espace de liberté qui a inspire une génération entière. Bardot a ainsi participe, par son art et son attitude, à l’émergence d’une conscience nouvelle ; celle d’une femme moderne, autonome et émancipée.

 

Que Brigitte Bardot repose en paix et que le Liban renoue avec sa splendeur passée.