Une unité arabe et islamique ?
Alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans sa quatrième semaine, il est devenu clair que le problème n'est pas de comprendre ce qui se passe, mais de comprendre qui est censé agir, surtout lorsque les États du Golfe arabique sont visés. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est pas simplement une escalade passagère, mais un test direct d'une idée dont nous avons entendu parler depuis longtemps : l'action conjointe arabe et islamique.
Dans ce contexte, un message de Son Excellence Dr. Anwar Gargash sur la plateforme X est venu comme un point de référence qui place la question là où elle appartient. Il a dit que les États du Golfe ont tout à fait le droit de demander : où sont les institutions de l'action commune arabe et islamique, au premier rang desquelles la Ligue Arabe et l'Organisation de la Coopération Islamique ? Et où sont les grands États arabes et régionaux ? Il a ensuite ajouté un point d'égale importance : en raison de cette absence et incapacité, il n'est plus acceptable de parler plus tard du déclin du rôle arabe et islamique ou de critiquer la présence américaine et occidentale. Les États du Golfe ont été une source de soutien et un partenaire pour tous en temps de prospérité, alors où êtes-vous aujourd'hui en temps de difficultés ?
Les institutions arabes et islamiques existent de nom, mais en cas de danger, comme le dit le proverbe émirati lorsque la situation devient critique, ces entités se comportent comme si elles étaient des entités de relations publiques plutôt que des organisations responsables de la sécurité collective.
La Ligue Arabe et l'Organisation de la Coopération Islamique ne sont pas appelées à combattre, mais à activer leurs outils naturels : une réunion d'urgence claire, une position ferme et sans équivoque, une action diplomatique coordonnée, et une décision qui impose des coûts politiques à l'agresseur plutôt que de laisser les choses aux efforts individuels.
Pour garder la question ancrée plutôt qu'émotionnelle, il suffit de regarder les faits et les chiffres. Les rapports du Golfe indiquent que depuis le début des attaques iraniennes contre les États du Golfe jusqu'à aujourd'hui, environ 5 000 drones ont été pris en charge. C'est un nombre significatif qui devrait rendre évident pour tout lecteur que parler d'une menace pour le Golfe n'est ni exagéré ni surestimé, et que ce qui est requis de ces institutions n'est pas des déclarations de courtoisie, mais une position qui correspond à l'échelle de la menace.
La question ici n'est pas la capacité des Émirats Arabes Unis, des États du Golfe, et de la Jordanie à se protéger, car ce point est déjà réglé par les faits et les preuves. Ces pays sont cohésifs, leurs institutions fonctionnent avec une grande efficacité, leurs décisions sont souveraines, et leur population est solidaire avec leurs nations et dirigeants. Le véritable problème se situe ailleurs : l'absence d'action institutionnelle arabe et islamique efficace crée un vide, et un vide ne reste pas vide. Il est rempli par des récits sur les réseaux sociaux, des slogans contradictoires et parfois, plus dangereusement, par des justifications pour l'agresseur ou en minimisant ce qui se passe, comme si cibler le Golfe était un détail mineur qui peut être négligé.
C'est là que les remarques de Son Excellence Dr. Ali Rashid Al Nuaimi, président de la Commission de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères au Conseil national fédéral, deviennent pertinentes. Il a offert une lecture franche de ce qui se cache derrière certaines de ces positions, affirmant que certains Arabes avaient parié sur la chute des Émirats Arabes Unis et du Golfe. Ils ont créé des récits médiatiques qui soutenaient l'agresseur et justifiaient ses actions, promouvant l'idée que les Émirats Arabes Unis sont un état fragile qui se briserait au premier coup, et que le chemin de l'agresseur était le seul chemin de survie. Pourtant, après deux semaines de résilience, d'unité, et l'échec de l'agresseur à atteindre ses objectifs, il est apparu clairement que leurs calculs étaient erronés et que leurs paris avaient échoué.
À mon avis, cette perspective explique pourquoi une voix institutionnelle arabe et islamique à ce stade est essentielle. Elle aide à orienter, réduit la confusion, et empêche une escalade supplémentaire. L'absence d'une position institutionnelle claire ne laisse pas la situation inchangée ; elle ouvre plutôt la porte à des récits désorganisés et contradictoires. C'est alors que surgissent des voix qui justifient l'agresseur, minimisent la gravité des attaques, ou tentent de détourner l'attention de la question centrale. Par conséquent, la responsabilité incombe d'abord et avant tout aux institutions de prendre une position claire et directe, de nommer l'agression, de la condamner sans hésitation, et de confirmer que la sécurité du Golfe est une partie intégrante de la sécurité régionale, et qu'une indulgence à ce moment entraînera des coûts politiques et sécuritaires pour tout le monde.
En conclusion, ceux qui sont absents aujourd'hui n'auront aucun droit de s'opposer demain si d'autres interviennent pour combler le vide. Comme l'a dit le poète arabe, si tu es absent quand j'ai besoin de toi, ton absence est d'autant plus justifiée lorsque mes besoins sont satisfaits sans toi. Les institutions qui hésitent à remplir leur devoir en temps de crise se retrouveront en dehors de l'équation lorsque l'équilibre des pouvoirs post-crise sera établi. Ce n'est pas une question de luxe politique ou de débat secondaire ; c'est un test de responsabilité, et quiconque échoue redéfinit effectivement sa propre position.
C'est pourquoi la question des Émirats reste à la fois valable et dirigée principalement vers les institutions : où est la Ligue Arabe, où est l'Organisation de la Coopération Islamique, et où sont les grands États arabes et régionaux ? Car la réponse aujourd'hui n'est pas une affaire passagère, mais fait partie de ce qui façonnera la région après cette crise.
Disclaimer : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar