Fronts cachés : Comment l'Iran cible le Golfe au-delà des missiles et des drones

CCG 24-03-2026 | 16:58

Fronts cachés : Comment l'Iran cible le Golfe au-delà des missiles et des drones

Par Mohammed Faisal Aldossary

Les attaques traîtresses de l'Iran contre les pays du Golfe ne se sont pas limitées aux missiles et aux drones. Ce qui se passe dans le Golfe révèle une autre dimension du conflit : perturber le transit par le détroit d'Ormuz tout en tentant simultanément de faire fonctionner des réseaux de financement et d'espionnage.

Fronts cachés : Comment l'Iran cible le Golfe au-delà des missiles et des drones
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Les attaques traîtresses de l'Iran contre les pays du Golfe ne se sont pas limitées aux missiles et aux drones. Ce qui se passe dans le Golfe révèle une autre dimension du conflit : perturber le transit par le détroit d'Ormuz tout en tentant simultanément de faire fonctionner des réseaux de financement et d'espionnage.

 

L'annonce du démantèlement de cellules liées au Hezbollah et à la Garde révolutionnaire iranienne dans plusieurs pays du Golfe, coïncidant avec des attaques sur des villes et des infrastructures, confirme que Téhéran parie sur une voie parallèle à la confrontation directe. Cette voie cible l'économie et la sécurité intérieure pour augmenter les coûts et créer une perturbation politique et sécuritaire dans la région.

 

Le démantèlement par la Sécurité d'État des ÉAU d'un réseau financé et géré par le Hezbollah et l'Iran sous couvert d'une fausse entreprise commerciale s'aligne sur l'idée d'une voie parallèle que Téhéran poursuit dans le Golfe. Utiliser des fronts économiques pour blanchir de l'argent et financer des activités liées au sabotage et à la conspiration signifie que la menace ne se limite pas aux missiles, mais frappe également la confiance financière et tente de transformer le marché en un canal de financement et d'opérations. Dans ce contexte, l'approche sécuritaire proactive des ÉAU et la surveillance des fronts commerciaux exploités comme couverture pour l'infiltration est particulièrement significative.

 

Au Koweït, des déclarations du ministère de l'Intérieur ont révélé des cellules liées au Hezbollah qui prévoyaient de cibler des installations vitales, cherchaient à communiquer avec des entités étrangères et à leur fournir des coordonnées, et ont reçu une formation étrangère y compris en armes et drones. Cela montre la préparation d'une capacité opérationnelle interne qui pourrait être activée en cas d'escalade. L'annonce de deux cellules en quelques jours suggère un effort pour construire des outils de pression interne aux côtés des attaques de missiles et de drones dans le conflit en cours.

 

Le Qatar, qui a maintes fois joué le rôle de médiateur avec Téhéran et a ouvert des canaux de communication lors de chaque crise, a annoncé le démantèlement de deux cellules liées à la Garde révolutionnaire. Une cellule était chargée d'espionnage et de collecte d'informations sur les installations vitales et militaires, tandis que l'autre se concentrait sur le sabotage et avait reçu une formation en drones. Ce cas élargit le tableau au-delà du Hezbollah et prouve que les outils de l'Iran dans le Golfe ne sont pas un seul bras ou une fonction, mais une distribution des rôles entre la surveillance, le financement, et la préparation au sabotage. Cela affaiblit aussi l'idée des « ponts de communication », car cibler un partenaire de médiation avec des cellules internes rend le retour aux conditions pré-conflit beaucoup plus difficile.

 

Bahreïn fournit le contexte sécuritaire pour le concept de « cellules fantômes » dans le conflit de l'Iran avec le Golfe. En 2016, Manama a annoncé le démantèlement d'un groupe accusé d'établir une entité sous le nom de « Hezbollah bahreïni », avec des accusations incluant le financement et la planification d'actes violents. Environ deux ans plus tard, l'affaire s'est élargie avec 169 accusés renvoyés devant la justice pour des accusations liées à l'adhésion à une organisation terroriste et à la formation avec des armes et des explosifs, avec des références officielles au soutien et à la formation de la Garde révolutionnaire. C'est pourquoi les pays du Golfe ont décidé en 2016 de classer le Hezbollah comme organisation terroriste pour des raisons préventives.

 

Dans la guerre de 2026, le même sens revient de manière plus directe. Ce que les pays du Golfe révèlent aujourd'hui s'aligne avec deux fonctions parallèles de ces réseaux : des éléments gardés en réserve pour un déploiement immédiat lors d'une escalade, et des réseaux opérant discrètement au sein de la société et de l'économie pour recueillir des renseignements, sécuriser des financements, et construire une influence cachée. C'est pourquoi la vigilance des agences de sécurité du Golfe aide à protéger le front intérieur du sabotage et à sauvegarder la prise de décision nationale de l'infiltration.

 

Les récents événements expliquent pourquoi Washington pousse pour une désignation plus large et coordonnée de la Garde révolutionnaire et du Hezbollah parmi ses alliés. L'objectif est à la fois sécuritaire et financier : couper les financements, limiter les mouvements, et poursuivre des réseaux opérant sous couvert civils et économiques. Au Liban, le coût est apparent pour l'État lui-même. Des déclarations officielles libanaises ont condamné les complots visant les ÉAU et le Koweït, notant la décision du gouvernement du 2 mars 2026 d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah. Avec chaque développement, il devient clair que le Hezbollah n'est plus seulement un fardeau pour le Golfe, mais aussi pour le Liban, sa position, et ses relations.

 

Depuis le début, le Golfe a cherché à épargner à la région une guerre ouverte et a ouvert des canaux pour désescalade et dialogue, mais les réalités ont placé ses pays dans le champ du conflit. Les attaques ont ciblé des villes et des infrastructures et se sont étendues à des tentatives d'activation de cellules internes. L'expérience a prouvé que les pays du Golfe ne sont pas des arènes ouvertes pour ces outils. Le contrôle proactif, la surveillance financière, et la coordination sécuritaire ont tous bloqué les tentatives de transformation de l'environnement interne en levier de pression. Que la guerre se termine ou continue, le principe reste : la dissuasion commence sur le front intérieur, et la prévention est une condition pour la stabilité.

 

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues du journal Annahar

 

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