Brad Cooper signale un soulèvement iranien reporté : Le calendrier contrôlé dans le cadre d'une stratégie militaire
Il n'est pas surprenant que le commandant du Commandement central américain, l'amiral Brad Cooper, choisisse un média d'opposition iranien pour s'adresser au public iranien. C'est prévisible. En revanche, le paradoxe réside dans le contenu du message : un appel clair à se retenir et à ne pas agir, car « le moment n'est pas encore venu ».
Dans une interview diffusée tôt lundi matin sur la chaîne d'opposition Iran International, Cooper a déclaré que le moment n'était pas encore propice pour que les Iraniens descendent dans la rue. Il les a exhortés à rester chez eux malgré les lancements de missiles depuis les zones peuplées, expliquant qu'un « signal clair » leur serait transmis plus tard pour leur permettre d'agir.
Ces déclarations successives ne peuvent être lues comme des remarques anodines. Elles font partie de la gestion des étapes du conflit. Elles contredisent le récit circulé ces derniers jours, qui suggérait que la campagne américano-israélienne avait échoué à atteindre l'un de ses objectifs clés : inciter les Iraniens à se soulever contre leur régime. Cette impression a même conduit à la conclusion inverse, à savoir que le régime reste cohérent en interne et que les paris sur son effondrement interne ont échoué.
Le New York Times est allé jusqu'à suggérer que le Mossad israélien porte la responsabilité d'avoir impliqué les niveaux politiques à Washington et Tel Aviv dans ce récit d'un soulèvement populaire iranien contre leur régime, simplement en commençant la guerre contre lui.
La déclaration de Cooper renverse cependant complètement cette interprétation. Il ne rejette pas l'idée d'un soulèvement ; il confirme plutôt qu'il est reporté à un calendrier calculé.
La signification ici réside non seulement dans le contenu de la déclaration mais aussi dans sa source. Cooper n'est pas seulement un commentateur ou un analyste. Il est le commandant opérationnel de la guerre, impliqué dans la planification de ses phases, et le mieux positionné pour évaluer son cours et ses développements sur le terrain. De ce point de vue, ses paroles doivent être prises très au sérieux.
De son raisonnement, tout mouvement populaire à ce stade pourrait ne pas affaiblir le régime mais pourrait perturber les opérations militaires en cours contre celui-ci, notamment compte tenu de la dépendance de Téhéran au lancement de missiles et de drones depuis les zones peuplées. En d'autres termes, les rues à ce moment pourraient devenir une source de perturbation pour les frappes plutôt qu'un point de pression décisif sur le régime. Par conséquent, le bon timing, qui sera annoncé par le commandement militaire, doit être attendu.
Sur le terrain, les développements pointent vers un optimisme prudent concernant la « phase iranienne ». Les frappes américano-israéliennes ne se limitent pas aux cibles militaires traditionnelles ; elles visent également à démanteler l'infrastructure sécuritaire du régime. Cela inclut de cibler directement les capacités du Basij, d'éliminer ses dirigeants, de poursuivre ses membres dans les bases primaires et secondaires, et même de frapper les points de contrôle qu'ils installent dans les villes. En d'autres termes, ce qui se passe est un affaiblissement progressif des outils de répression du régime avant que toute action interne ne soit encouragée.
De là, une hiérarchie claire des priorités peut être discernée :
D'abord, terminer le démantèlement des capacités militaires et sécuritaires ; puis, à un stade ultérieur, laisser de la place à l'action interne dans un environnement plus sûr et plus changeant.
Selon cette lecture, la campagne militaire a un calendrier défini d'environ six semaines, au cours desquelles ses principaux objectifs devraient être atteints. À mesure que cette période arrive à son terme, la perspective de mouvements de rue devient plus réaliste et efficace.
Dans ce contexte, les évaluations militaires américaines et israéliennes suggèrent que la campagne progresse plus rapidement que prévu vers ses objectifs. De ce point de vue, les pertes sur les fronts internes en Israël et dans le Golfe, ou les perturbations internationales causées par un resserrement de la navigation dans le détroit d'Ormuz, sont moins importantes analytiquement que les progrès réalisés dans le démantèlement des capacités iraniennes.
Certains de ces développements sont même interprétés comme des signes de pression croissante et de frustration tactique à Téhéran, plutôt que comme des preuves d'équilibre ou de supériorité.
La question clé reste : quand viendra « le bon moment » ?
La réponse, d'après les mots de Cooper, n'est pas purement politique. Elle dépend du rythme des opérations militaires elles-mêmes. Une fois que le processus d'affaiblissement des instruments de répression du régime sera terminé et que sa capacité de contrôle diminuera, l'action au niveau de la rue sera plus efficace et moins coûteuse.
Le message de Cooper ne nie pas le réalisme d'un soulèvement iranien après la déstabilisation du régime. Il représente plutôt un recalibrage précis de son calendrier dans le cadre d'un plan de guerre : pas maintenant, mais après que les conditions militaires et sécuritaires auront été remplies.
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