Les anciens ministres libanais des télécommunications confrontés à des ordres d'État pour récupérer les fonds publics

Technologie et économie 26-02-2026 | 12:47

Les anciens ministres libanais des télécommunications confrontés à des ordres d'État pour récupérer les fonds publics

  Par Salwa Baalbaki  La Cour des comptes du Liban impose une récupération financière aux ex-ministres et entreprises télécoms pour récupérer des fonds publics perdus par mauvaise gestion. Leurs amendes restent largement symboliques.
Les anciens ministres libanais des télécommunications confrontés à des ordres d'État pour récupérer les fonds publics
Photo de la décision de la Cour des comptes du Liban
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La décision de la Cour des comptes du Liban dans le cas des anciens ministres des Télécommunications est devenue un moment crucial dans le domaine de la comptabilité publique, car elle a déplacé la question d'une décision théorique à une mise en œuvre réelle. Les ordres de perception émis sur la base du jugement du Bureau d'audit ne sont pas de simples recommandations; ce sont des ordres financiers exécutoires.

 

La décision de la Cour des comptes du Liban (Première Chambre, présidée par le juge Abdul Rida Nasser avec les juges Mohamed Al-Hajj et Joseph Kesrawani) a imposé des amendes aux anciens ministres Nicolas Sehnaoui, Jamal Al-Jarrah, Mohammad Shaqir et Johnny Al-Qorm, tout en obligeant les entités liées à l'affaire à payer des sommes prescrites ou à restituer des actifs. Les montants des ordres de perception ont été fixés comme suit : 8,07 millions de dollars pour Sehnaoui, 11,3 millions de dollars pour Al-Jarrah, 11,3 millions de dollars pour Shaqir et 4,92 millions de dollars pour Al-Qorm. La Compagnie Zain a été condamnée à payer 2,75 millions de dollars, et la Compagnie MIC 2 a été sommée de prendre des mesures pour récupérer 123 places de stationnement évaluées à environ 4,92 millions de dollars, dans le cadre des dommages causés au trésor public.

 

Le ministère des Télécommunications a préparé ces ordres et les a transmis au ministère des Finances le 17 décembre 2025, pour commencer la phase d'exécution administrative. Le ministère des Finances a clarifié le processus d'exécution : le ministre des Finances Yassine Jaber a déclaré à Annahar que le ministre des Télécommunications signe les ordres de perception, tandis que le rôle du ministère des Finances se limite à notifier la Direction du Trésor et à demander aux parties concernées de payer au trésor public, ce qui a déjà été fait.

 

Il a souligné que le refus de payer pourrait déclencher des mesures d'exécution en vertu de la Loi sur la comptabilité publique, y compris la saisie d'actifs, notant que «tout est possible» dans le cadre légal. Il a également confirmé que les recours n'arrêtent pas l'exécution, sauf explicitement ordonnés par l'autorité judiciaire compétente, ce qui signifie que l'exécution se poursuit parallèlement à l'examen judiciaire.

 

En même temps, un processus juridique défensif a commencé. Shaqir et Johnny Al-Qorm ont soumis des demandes de réexamen à la Cour des comptes tandis qu'Al-Jarrah a demandé au ministère des Télécommunications des documents relatifs aux contrats conclus pendant son mandat pour appuyer sa défense. Nicolas Sehnaoui n'a pas encore soumis de documents officiels. Ces démarches reflètent l'exercice du droit de défense, mais elles ne suspendent pas automatiquement l'exécution.

 

Un développement notable concerne Johnny Al-Qorm, qui a soumis une procuration incluant une renonciation aux places de stationnement contestées. Si cette renonciation est officiellement enregistrée par les bureaux immobiliers, cela pourrait conduire à l'annulation des ordres de perception spécifiquement liés à cette question, puisque l'objectif est de restaurer le droit public plutôt que de doubler la peine. Les autorités compétentes contacteront les bureaux immobiliers et l'Autorité des litiges de l'État pour vérifier la mise en œuvre complète. Si elle est confirmée, l'État récupérerait les actifs eux-mêmes, et Al-Qorm serait exempté de la partie des ordres de perception qui y sont liés. Si la mise en œuvre n'est pas achevée, les ordres restent en vigueur.

En plus de la compensation libellée en dollars, un débat a surgi concernant les amendes stipulées à l'article 60 de la Cour des comptes. Le ministère des Finances a envoyé une demande d'informations sur la manière dont elles devaient être calculées, et la réponse a souligné que le texte en vigueur au moment des violations devait être appliqué.

 

Les dates ont été fixées comme suit : Sehnaoui en 2012, Al-Jarrah en 2018, Shaqir en 2019, et Al-Qorm en 2022. Toutes ont précédé l'amendement de l'article 60 en vertu de la loi 329/2024, ce qui signifie que l'ancien texte s'applique. En conséquence, l'amende est calculée à 1,5 million de livres libanaises pour chaque ministre, comme prescrit avant l'amendement. Après l'effondrement de la monnaie, ce montant est devenu largement symbolique par rapport aux dommages estimés à des dizaines de millions de dollars.

 

Cela met en évidence la différence fondamentale entre l'amende et l'ordre de perception : l'amende est une pénalité légale imposée en livres libanaises et basée sur la date de la violation, tandis que l'ordre de perception est une compensation pour la perte réelle, émise en dollars parce que le dommage s'est produit dans cette monnaie.

 

Pour cette raison, la Cour des comptes du Liban n'a pas mis en avant la valeur des amendes dans le texte de la décision, afin d'éviter de donner l'impression d'une contradiction entre des millions de dollars perdus et une amende nominale. Au lieu de cela, l'accent a été mis sur la compensation véritable, qui vise à restaurer les fonds publics. Jaber a souligné que "les textes sont clairs pour quiconque examine les lois, et la réponse à la demande d'information sur les amendes a été envoyée par correspondance officielle," notant que "le processus légal est appliqué tel qu'écrit, sans interprétation au-delà du texte."

 

L'article 61 ajoute une autre couche, liant la valeur de l'amende à un pourcentage du salaire mensuel brut du ministre au moment de la violation. Cela nécessite de consulter la Direction des dépenses du ministère des Finances pour déterminer les salaires à cette époque. Bien que ce détail reflète une complexité technique dans le calcul des amendes, il n'affecte pas la substance des compensations majeures associées aux ordres de perception.

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