Armes exclusives au Liban : Hezbollah contre l'État
Le Secrétaire général du Hezbollah, le Cheikh Naim Qassem, a synchronisé son discours avec la session du cabinet discutant de la question des armements exclusifs au nord du Litani, en intensifiant les tensions comme à l'accoutumée. Il a même affirmé que le cabinet ne devrait pas débattre de l'exclusivité des armes, impliquant, à sa manière, que l'armée libanaise devrait s'aligner sur la résistance et la soutenir pour les bénéfices qu'il estime qu'elle apporte.
Avec l'escalade hebdomadaire du Cheikh Naim Qassem, il semblait indiquer que l'exclusivité des armes dans toute zone contrôlée par le Hezbollah ne devrait plus être discutée. La question reste : sur quoi parie-t-il ?
Parie-t-il sur des négociations prolongées entre l'Iran et les États-Unis, profitant de la période intérimaire ? Parie-t-il sur certains appels français et égyptiens au calme pour limiter la question de l'exclusivité des armes ?
Peut-être s'agit-il d'un pari sur quelque chose de précis, mais les mots du Cheikh Naim Qassem ont peu d'impact ou de résonance aux États-Unis ou en Israël. Cela est évident par l'escalade accrue le long de la route Beyrouth-Damas à Masnaa, dans les villages et les villes de la Bekaa et dans le sud, où Israël ne permettra ni n'acceptera que ces armes demeurent. En fin de compte, le Liban continue de payer un prix lourd, rappelant la procrastination de l'autorité palestinienne dans les années 1970, suivie de décennies de tutelle sous Hafez et ensuite Bachar al-Assad, conduisant à l'influence actuelle de l'Iran via le Hezbollah. La question pressante demeure : jusqu'où la question des armes exclusives s'étendra-t-elle et quand aboutira-t-elle finalement à une résolution ?
Dans ce contexte, le chef des relations étrangères des Forces Libanaises, l'ancien ministre Richard Kouyoumjian, a déclaré à Annahar que le Hezbollah s'appuie uniquement sur une stratégie de « fuite en avant ». Il a souligné que cela n'a pas grand-chose à voir avec les négociations américano-iraniennes et est plutôt une tentative de traverser cette étape avec ses positions. Où cela mène et où cela se concrétisera reste incertain — le Hezbollah fait face à une confusion considérable, tandis que l'Iran se concentre sur ses intérêts stratégiques plutôt que sur le Hezbollah lui-même, si ce n'est qu'un de ses instruments.
Kouyoumjian ajoute que les actions du Hezbollah sont censées envoyer des messages à son propre environnement, indiquant qu'il reste fort et capable. En même temps, il cherche à obtenir plus d'avantages — tels que des fonds pour la reconstruction et d'autres soutiens — de l'État, qui continue de supporter les conséquences coûteuses de l'implication et des distractions du Hezbollah pendant la récente guerre.
Quant aux positions égyptienne et française, cela procure-t-il au Hezbollah un sentiment d'espoir ou de levier ?
Kouyoumjian conclut que la position française et égyptienne s'aligne avec la position américaine et saoudienne : il ne devrait y avoir qu'une seule arme, celle de l'armée libanaise, et aucune autre. Ils peuvent soutenir l'exclusivité des armes, mais les postures françaises et égyptiennes semblent différer des Américains et des Saoudiens, cherchant à contenir leurs armes et à gérer la situation avec précaution. Le Hezbollah, cependant, choisit d'interpréter cela comme voulant simplement le calme, et peut l'utiliser comme prétexte. En réalité, Le Caire et Paris sont aussi fermes que Washington et Riyad — les armes du Hezbollah doivent être démantelées. La différence réside dans l'approche.