Le Liban sous le regard du Quintette : Coordination internationale ou intervention discrète ?
Il ne fait guère de doute que revisiter les facteurs qui ont poussé le Comité du quintette à agir suscite le scepticisme quant au rôle qu'il joue et à l'ampleur de manœuvre dont il dispose sous l'égide des pays qu'il représente. Cela, à son tour, tempère les attentes quant à la contribution anticipée du comité aux problèmes en question et soulève des questions quant à savoir si son rôle peut être considéré comme une intervention dans les affaires libanaises.
Les campagnes visant le Premier ministre Nawaf Salam au sujet du projet de loi sur le déficit financier l'ont poussé à se tourner vers ses alliés au sein du comité. Il a demandé aux ambassadeurs représentant les États membres de publier une déclaration commune reflétant les éloges que chacun lui avait exprimés individuellement, afin de démontrer le soutien international à cette réalisation gouvernementale et d'aider à éviter que le Liban ne soit placé sur la liste noire en faisant avancer le projet au parlement.
Cependant, cette demande a révélé l'étendue de la divergence - ou, plus précisément, la dominance des biais personnels - parmi les membres du comité. Cela s'est manifesté dans les déclarations séparées émises par certains ambassadeurs et dans la difficulté à s'accorder sur une déclaration conjointe, qui n'est venue qu'après de multiples révisions. Le même schéma s'applique à la gestion d'autres dossiers par le comité, comme on l'a vu dans les discussions récentes autour de la Conférence de soutien à l'armée et du rôle proposé par le comité pour remplacer le Comité de Mécanisme, une question compliquée par des tentatives d'élargir son mandat des seules affaires militaires pour inclure également des questions économiques.
Lors de la préparation de la conférence de soutien, il est apparu que les parties directement concernées par ce dossier étaient au nombre de trois : Washington, Paris et Riyad. En conséquence, le retour de l'envoyé français Jean-Yves Le Drian dans ces deux capitales, aux côtés de la France, fut compris. Cela, cependant, a été accueilli avec une insatisfaction notable du côté qatari et égyptien en raison de leur exclusion de la réunion tripartite, réduisant ainsi la portée du Comité du Quintette.
Des questions ont également été soulevées quant à savoir pourquoi des pays qui contribuent financièrement ou par l'équipement militaire au soutien de l'armée - tels que le Koweït, les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni - restent en dehors du comité.
Dans ce contexte, une proposition a émergé dans certains cercles restreints pour établir un comité spécial dédié à la conférence de soutien, tandis que des questions ont été soulevées sur les raisons pour lesquelles le comité existant ne devrait pas être élargi pour inclure ces pays. La réponse est devenue évidente dans le cas du Comité de Mécanisme, où il y avait un refus clair des Américains d'élargir son adhésion pour inclure d'autres États, allant jusqu'à tenter d'exclure complètement la France.
Si certains États membres se sentent menacés par des restrictions ou une marginalisation dans le dossier libanais, le Comité du Quintette dans sa forme actuelle - malgré les divergences évidentes entre ses membres, la plupart centrées sur le leadership et la présentation des initiatives - tient à préserver sa présence et son rôle, même si la nature de son travail a varié d'un dossier à l'autre. Cela dit, l'activation du Comité du Quintette n'est pas sans complications. L'engagement étranger, même lorsqu'il est présenté comme une coordination ou un soutien, reste une épée à double tranchant : d'une part, il peut exercer une pression positive sur les parties libanaises en vue d'un règlement potentiel ; d'autre part, il risque de souligner l'incapacité interne à générer des solutions et de renforcer la perception selon laquelle la prise de décision libanaise reste soumise à des équilibres extérieurs.
En conclusion, on peut dire que l'objectif d'activer le Comité du Quintette va au-delà d'une seule dimension. Il cherche simultanément à maintenir d'autres pays impliqués en tant que partenaires dans le processus décisionnel libanais, à éviter sa monopolisation par toute partie interne ou externe, et à contenir l'effondrement pour qu'il ne se transforme pas en une crise régionale plus large. Cependant, le succès de ce rôle reste conditionné au fait que les Libanais eux-mêmes reprennent l'initiative ; sinon, les acteurs extérieurs continueront à exercer un rôle déterminant dans la configuration du destin d'un pays qui devrait être souverain sur ses propres décisions.
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