Scénarios possibles dans une confrontation États-Unis-Iran
Les tensions s'intensifient dans la crise en cours entre les États-Unis et l'Iran. En l'absence de négociations formelles, les deux parties sont forcées de signaler par des mouvements militaires et des menaces à la télévision. Et tandis que des acteurs régionaux tels que l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et la Turquie ont proactivement poursuivi une médiation, l'Iran est contraint de bomber le torse, exagérant l'étendue de sa capacité de dissuasion.
Sur la table figurent la sécurité nucléaire, la limitation des missiles balistiques, et le rôle des proxies régionaux de l'Iran. Naturellement, Israël préfère un scénario de guerre avec pour objectif principal l'élimination complète du programme nucléaire iranien, mais il ne poursuivrait pas cette voie sans la participation des États-Unis, ou du moins une approbation américaine. Cela reflète la stratégie nucléaire d'Israël depuis sa fondation, que David Ben-Gourion a décrite comme un monopole total sur la capacité nucléaire dans la région.
L'Iran a considérablement progressé dans ses capacités d'enrichissement de l'uranium, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique, dépassant le plafond autorisé par le Traité de non-prolifération nucléaire. Il possède désormais la préparation (uranium enrichi à 60 pour cent) pour rejoindre le club des puissances nucléaires en quelques mois, une action qui constitue une ligne rouge pour à la fois Israël et les États-Unis.
Les trois scénarios restent :
Premièrement, les parties s'engagent dans une désescalade diplomatique et reviennent aux négociations sur les questions clés, notamment l'enrichissement nucléaire. Un défi sera le seuil élevé pour l'Iran concernant les demandes américaines (en particulier après le retrait de Trump de l'accord nucléaire connu sous le nom d'accord P5+1). Le président américain est peu susceptible d'accepter moins qu'une capitulation sur le dossier nucléaire, soit en exigeant un enrichissement nucléaire nul ou en mettant en place des mécanismes de contrôle efficaces, peut-être en mandatant que tous les centres d'enrichissement restent en dehors de l'Iran. Cela sera difficile pour Téhéran à accepter, mais avec le bon spin domestique, cela peut être prenable.
Deuxièmement, une répétition de la guerre limitée de 12 jours de juin dernier, qui pourrait ouvrir la porte à des pourparlers indirects, mettant probablement les États-Unis dans une meilleure position de négociation.
Troisièmement, une glissade vers une guerre ouverte qui va au-delà du « champ de bataille iranien » et menace d'impliquer les principaux acteurs à travers le Moyen-Orient. Dans les zones à cessez-le-feu temporaires, cela pourrait s'enflammer en combats persistants, épuiser l'opinion publique américaine et augmenter les coûts globaux de l'entreprise. En fin de compte, les efforts de règlement se fonderont soit sur la capitulation complète du régime, soit sur une posture américaine affaiblie lors des négociations.
Les jours à venir présenteront un tableau plus clair de notre chemin actuel, mais la destination restera difficile à prédire.
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