Quand l'entreprenariat libanais s'installe à Paris: Capital Libanais, capitale francaise
" Les Libanais investissent à Paris principalement dans trois domaines clés commence Said El Hage, responsable de portefeuilles libanais : L'immobilier haut de gamme, notamment les arrondissements prestigieux comme le 16ᵉ, attire une clientèle libanaise fortunée qui cherche à sécuriser son patrimoine à l’étranger. Les investissements portent sur des appartements de luxe, des immeubles de rapport et parfois des bureaux".
Depuis octobre 2023, Said occupe le poste de Wealth Advisor pour la clientèle Moyen-Orient chez BNP Paribas, au cœur du 16ᵉ arrondissement. Un rôle stratégique où il accompagne des clients fortunés dans leurs investissements, leurs financements immobiliers et leurs problématiques de succession. « Il a compris très vite les codes du marché français », confie un collègue, impressionné par sa capacité à naviguer entre les exigences réglementaires européennes et les attentes d’une clientèle internationale.
Une intégration rapide, loin des récits habituels
Dans la diaspora libanaise, l’intégration professionnelle en France est souvent décrite comme un parcours d’obstacles : reconnaissance des diplômes, maîtrise du français administratif, lenteur des procédures, absence de réseau. Beaucoup finissent par rentrer au Liban, faute d’opportunités concrètes.
Said, lui, a pris un autre chemin. Avant Paris, il avait déjà accumulé des expériences solides : analyse financière au sein d’un family office suisse, investissement immobilier en France et au Portugal, développement commercial dans le conseil. Autant de briques qui ont rendu son profil immédiatement lisible pour les recruteurs français.
Un pied dans les cercles d’influence euro-méditerranéens
Au-delà de son poste chez BNP Paribas, Said occupe également la fonction de Vice-président du Circle by The Global Diwan, un club très sélectif réunissant family offices, investisseurs et décideurs de la région EURO-MENA. Une position rare pour un professionnel de son âge, qui témoigne de sa capacité à s’inscrire dans les réseaux d’influence parisiens.
Le portrait d’une intégration maîtrisée
Son parcours ne relève pas du hasard. Il illustre une réalité souvent occultée : certains jeunes Libanais, armés d’une stratégie claire, d’une formation solide et d’une compréhension fine des dynamiques européennes, parviennent à s’intégrer rapidement. Said fait partie de ceux-là.
« Les Libanais investissent à Paris principalement dans l’immobilier haut de gamme, la finance, et des entreprises de services ou de gastronomie. On observe plusieurs tendances ; Dans l’immobilier ou des sociétés libanaises ont ouvert des agences à Paris pour accompagner leurs clients dans l’achat et la gestion de biens, notamment dans les quartiers prisés du 16ᵉ arrondissement et du centre historique, en finance et gestion de patrimoine : Des conseillers libanais, travaillent avec une clientèle moyen-orientale fortunée pour des placements et financements immobiliers (JSK Real Estate, OGDGAMM Prime Reality), dans l’entrepreneuriat et la gastronomie, plusieurs success stories libanaises à Paris concernent la restauration (Le Comptoir du Liban, Place du Liban, L’Escale du Liban, Elysees Liban, Atelier Loubnani, Etoile Liban, Liban Café, Em Sherif, Noura) , la pâtisserie (Glace Bachir) et la mode (Elie Saab, Zuhair Murad), reflétant la réputation des Libanais comme entrepreneurs dynamiques.
En résumé, les Libanais privilégient Paris pour sa stabilité et son prestige, en investissant dans des actifs tangibles (immobilier) et des secteurs porteurs (finance, gastronomie, culture), souvent concentrés dans les arrondissements centraux et résidentiels de prestige.
Pour les résidents libanais cherchant un pied-à-terre, les quartiers conseillés sont le 16ᵉ (Passy, Auteuil) et le 8ᵉ (Triangle d’Or). Leurs atouts sont une plus grande sécurité, la présence des écoles internationales et la proximité des ambassades. Une bonne stratégie serait de privilégier les appartements familiaux ou les hôtels particuliers rénovés. Le prix moyen par mètre est entre 11 500 et 14 500 €/m². Le rendement reste faible (2,2 – 3 %), mais il y a une forte valorisation patrimoniale.
Pour les expatriés libanais souhaitant un investissement locatif, les quartiers conseillés sont le 18ᵉ (Montmartre) et le Marais (3ᵉ/4ᵉ). Les atouts de ces quartiers sont leur attractivité touristique et la forte demande en location courte durée. La bonne stratégie serait d’investir dans des surfaces moyennes (40–70 m²) pour optimiser le rendement. Le prix moyen va entre 9 000 et 11 800 €/m². Le rendement est entre 3,5 et 4,2 %, supérieur à la moyenne parisienne.
Pour l’entrepreneur culturel, les quartiers conseillés sont Saint-Germain-des-Prés (6ᵉ) et le Marais. Les atouts sont le prestige artistique, cafés littéraires et les galeries d’art. La bonne stratégie serait d’ouvrir un espace culturel, galerie ou librairie, en synergie avec la diaspora. Le prix moyen est entre 10 500 et 13 800 €/m². Le rendement est modéré (2,3 – 3 %), mais il y a une forte visibilité et influence culturelle.
L’investisseur commercial préfèrera des quartiers comme le 1er (Louvre, Rivoli), 8ᵉ (Champs-Élysées) qui ont pour atouts, le flux touristique, le prestige international et les sièges d’entreprises. La bonne stratégie serait l’acquisition de boutiques de luxe ou bureaux, souvent en partenariat avec des marques. Le prix moyen varie entre 11 000 et 14 500 €/m². Le rendement varie également entre 2,5 et 3,5 %, mais c’est une valeur refuge et possède une image forte.
Pour les conseils pratiques, en fiscalité, il faudra prévoir l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) pour les biens > 1,3 M€. Pour leur financement, les banques françaises exigent souvent un apport de 30–40 % pour les non-résidents. La meilleure solution serait de diversifier en combinant un bien patrimonial (8ᵉ, 16ᵉ) avec un bien locatif (18ᵉ, Marais) pour équilibrer rendement et sécurité.
En général les Libanais aiment le 16e, le 8e et le 15e, ils aiment s’installer à Courbevoie, à Boulogne ou dans le 4e, 5e ou 6e. Y a également trop de libanais qui aiment acheter à Antony dans la banlieue. Après il faut différencier libanais résident en France et libanais de l’extérieur qui achètent des résidences secondaires et aiment faire des investissements à Paris, le pouvoir d’achat n’est pas le même.
La différence se mesure par la capacite d’investissement. Les résidents n’ont pas les mêmes capacités : un libanais qui réside dans les pays du Golfe ou en Afrique ou même au Liban possède un patrimoine plus important que les Libanais vivant en France. Bien sur ce n’est toujours le cas car on peut trouver des Libanais entrepreneurs, chefs d’entreprise aussi… ».
Dans un contexte où la diaspora oscille entre espoir et désillusion, son histoire rappelle que l’intégration n’est pas uniforme. Elle dépend des trajectoires, des opportunités, mais aussi d’une volonté de s’ancrer durablement dans un nouvel environnement.