Le dilemme de Trump avec l'Iran : La montée militaire augmente les risques d'une potentielle Troisième Guerre du Golfe

Moyen-Orient 23-02-2026 | 12:57

Le dilemme de Trump avec l'Iran : La montée militaire augmente les risques d'une potentielle Troisième Guerre du Golfe

Les derniers jours ont montré de nombreux signes que la place pour la diplomatie se rétrécit
Le dilemme de Trump avec l'Iran : La montée militaire augmente les risques d'une potentielle Troisième Guerre du Golfe
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Avec l'entrée du porte-avions américain Gerald R. Ford en Méditerranée samedi, le président Donald Trump a gagné un levier militaire accru s'il choisit de frapper l'Iran.

 

Les derniers jours ont montré de nombreux signes que la place pour la diplomatie se rétrécit suite à la deuxième série de pourparlers indirects à Genève la semaine dernière entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et les envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

 

Trump n’a pas exclu la possibilité d’une « frappe limitée » pour faire pression sur le régime iranien afin qu’il fasse davantage de concessions dans tout accord nucléaire, fixant un délai de 10 à 15 jours pour l'Iran. Steve Witkoff a confirmé qu'il a rencontré Reza Pahlavi, fils de l'ancien Chah Mohammad Reza Pahlavi d'Iran, pour transmettre l'étonnement de Trump que l'Iran « ne se soit pas encore rendu. »

 

 

Pendant ce temps, des manifestations ont réémergé dans certaines universités iraniennes pour la première fois depuis que de vastes manifestations ont été réprimées le mois dernier. Les partisans de la guerre, dont le sénateur américain Lindsey Graham, appelent à une décision rapide pour entrer en guerre.

 

 

Au milieu des tensions croissantes, un rapport d'Axios a cité un responsable de la Maison Blanche disant que Washington pourrait permettre à l'Iran un enrichissement d'uranium « symbolique et limité » sur son sol, sous une stricte surveillance pour empêcher des niveaux qui pourraient permettre de fabriquer une arme nucléaire. Araghchi a confirmé que les envoyés américains n'ont pas demandé à Téhéran de renoncer à l'enrichissement d'uranium lors des pourparlers de Genève.

 

 

Même si la question de l'enrichissement d'uranium est résolue, le programme de missiles reste une préoccupation majeure, Israël le considérant aussi important que la question nucléaire et réclamant des limites aux capacités de missiles de l'Iran, qu'il considère comme une « menace existentielle. » L'appui de Téhéran à ses alliés régionaux, notamment le Hamas, le Hezbollah, les Houthis et les Forces de mobilisation populaire, est également scruté.

 

 

La pression croissante a poussé Araghchi à déclarer que l'Iran est prêt à répondre aux « lignes rouges » américaines dans les trois jours, plutôt que le délai de deux semaines initialement prévu après les pourparlers de Genève.

 

Un lancement de missile durant une manœuvre militaire par des éléments de la Garde Révolutionnaire et de la Marine iranienne dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Un lancement de missile durant une manœuvre militaire par des éléments de la Garde Révolutionnaire et de la Marine iranienne dans le détroit d'Ormuz. (AFP)

 

 

Malgré la montée militaire, Trump n’a pas pris de décision finale quant à une entrée en guerre, ni précisé son objectif spécifique : obtenir de grandes concessions de l’Iran ou renverser le régime. Chacun de ces scénarios comporte des risques importants de conflit régional élargi, au cas où l'Iran riposterait ou réussirait à fermer le détroit d'Ormuz au trafic maritime international.

 

 

Peut-être que la dernière chose que Trump veut est de répéter le scénario irakien, atteignant un point où il serait forcé de mener des opérations terrestres en Iran. Cela explique l’accent mis sur la montée en puissance aérienne et navale, qui a atteint son niveau le plus élevé depuis 2003.

 

 

L'option préférée de Trump semble être une frappe rapide qui choque l'Iran, déclenchant des manifestations de rue renouvelées ou forçant le régime à reculer jusqu'à un point proche de la « reddition » devant les lignes rouges américaines.

 

 

Mais l'un ou l'autre de ces résultats peut-il être atteint sans déclencher une « Troisième Guerre du Golfe », comme l’a interrogé l'édition américaine du magazine Newsweek ?

 

NB : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.