La voix des jeunes libanais : entre incertitude et espoir pour une paix durable
Les principaux constats
Économie et paix indissociables : 43,8 % des jeunes interrogés citent l’incertitude professionnelle comme leur principale source de stress, devant la charge académique et professionnelle (40,6 %). Le manque de perspectives nourrit le risque de fuite des cerveaux.
Migration en tension : 37,5 % des jeunes restent par attachement familial et culturel, mais 31,3 % envisagent de partir pour des raisons économiques. Les crises politiques (12,5 %) et la qualité de vie (9,4 %) accentuent cette volonté d’exil.
Agentivité et désillusion : Si 34,4 % croient en la force de l’action collective, 18,8 % expriment une désillusion profonde face à un système politique jugé paralysant. La jeunesse oscille entre espoir communautaire et sentiment d’impuissance.
Voies vers la paix : Les jeunes privilégient le dialogue (40,6 %), les projets communautaires (31,3 %) et la réforme éducative (21,9 %). Ils recommandent notamment la normalisation du discours non sectaire et l’institutionnalisation du dialogue facilité.
Une analyse plus large
Ce rapport illustre une vérité fondamentale : au Liban, la paix ne peut être dissociée de la justice sociale et de la stabilité économique. La jeunesse, souvent marginalisée, ne réclame pas seulement la fin des conflits sectaires, mais surtout un environnement où le mérite et l’effort ouvrent des perspectives réelles. Le contraste entre l’attachement identitaire et la tentation de l’exil traduit une fracture profonde : rester par amour du pays ou partir pour survivre dignement.
La consolidation de la paix, telle que proposée par ces jeunes, repose sur des initiatives locales, éducatives et inclusives. Mais pour que ces efforts portent leurs fruits, ils doivent être soutenus par des politiques publiques capables de transformer l’agentivité individuelle en changement systémique. Comme le souligne le rapport, il est urgent de montrer que les succès communautaires peuvent, à terme, ébranler les blocages institutionnels.
Conclusion
Le projet « À l’écoute pour la paix » ne se limite pas à un exercice académique : il offre une plateforme à une génération qui refuse de se résigner. En donnant voix aux jeunes, il rappelle que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre, mais la présence d’opportunités, de justice et de dignité.
À l’occasion du mois de février consacré au Peacebuilding au Rotary, trois membres du Rotary Club of Lebanon International basées à l’étranger deux à Paris ( Kareen Nohra et Cynthia Sayegh) et une à Berlin (Maya Assaf-Horstmeier) ont pris l’initiative de lancer un projet donnant la parole aux jeunes Libanais. Constatant que leur voix est trop rarement entendue, elles ont créé un sondage puis organisé une table ronde à Beyrouth afin de recueillir leurs témoignages et réfléchir avec eux à la construction d’une paix positive au quotidien.