À quoi s'attendre de la Conférence de Paris la semaine prochaine pour soutenir l'armée libanaise

Liban 27-02-2026 | 16:10

À quoi s'attendre de la Conférence de Paris la semaine prochaine pour soutenir l'armée libanaise

 Il existe un écart persistant entre les besoins de l'armée et la capacité de la communauté internationale à aider—les grandes nations discuteront de la question le 5 mars à Paris.
À quoi s'attendre de la Conférence de Paris la semaine prochaine pour soutenir l'armée libanaise
L'armée libanaise
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L'ancien ministre français Jean-Yves Le Drian se prépare pour la Conférence de soutien à l'armée le 5 mars à Paris, avec la participation attendue de nombreux pays. Lors de la conférence préparatoire au Caire le 24 février, il a noté que le niveau de participation était bon, bien que l'ambassadeur américain au Liban, Michel Ismail, ait été absent en raison de circonstances atténuantes au sein de son ambassade.

 

Des sources diplomatiques décrivent la relation entre Le Drian et Ismail comme bonne, avec une communication et une coordination continues. La conférence du Caire a inclus la participation de l'équipe militaire du Groupe central dirigée par l'Italie, ainsi qu'un général français et des représentants des États-Unis, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de plusieurs autres pays, dont le Canada et les États du Golfe, responsables de la coordination des propositions d'aide à l'armée libanaise depuis trois ans.

 

Les cinq pays chargés d'aider le Liban, avec l'Arabie Saoudite et les États-Unis, travailleront à identifier les besoins de l'armée libanaise et des Forces de sécurité intérieure pour diriger efficacement les contributions vers les besoins pratiques. Des préparatifs ont été faits entre les représentants politiques des cinq pays et le groupe militaire participant pour la conférence de Paris. Des sources diplomatiques suggèrent qu'il ne faut pas s'attendre à des milliards de dollars pour l'armée, mais le soutien financier et technique pourrait être substantiel, bien qu'aucun montant spécifique n'ait été estimé.

 

Le commandant de l'armée, le général Rudolph Haykel, a estimé les besoins annuels de l'institution à 800 millions de dollars, en se concentrant sur la mise en œuvre de la deuxième phase de désarmement des armes illégales au nord de la Litani, et les besoins après le retrait de la FINUL à la fin décembre de cette année.

 

Les sources indiquent que les aides précédentes à l'armée n'étaient que des promesses non tenues. Cependant, plusieurs pays importants sont désormais conscients de la nécessité de soutenir l'armée libanaise et les forces de sécurité dans les circonstances actuelles. Le président français Emmanuel Macron tient à mettre en lumière les efforts pour soutenir l'armée face aux violations continues du cessez-le-feu et aux problèmes persistants de mise en œuvre de la limitation des armes au nord de la Litani.

 

Haykel a annoncé que, après le retrait de la FINUL, l'armée aurait besoin de deux bataillons supplémentaires, et ces besoins doivent être traités.

 

Des sources diplomatiques françaises notent que l'Arabie Saoudite est fortement revenue au Liban en soutenant les présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam, exprimant l'espoir de persistance et de réussite de Salam. Il existe une coordination franco-saoudienne de haut niveau pour soutenir l'armée et les forces politiques actuelles, alors que l'Arabie Saoudite et d'autres pays restent méfiants quant à la corruption passée et au mauvais usage de l'aide financière fournie au Liban, ce qui incite à la vigilance sur la gestion, la distribution et l'utilisation des fonds soutenant l'armée et les forces de sécurité.

 

Paris, tel que répercuté par Le Drian, croit que reprendre la souveraineté de l'État implique de désarmer le Hezbollah et de mettre en œuvre des réformes économiques et financières. Les diplomates français suivant le dossier libanais reconnaissent que les dirigeants libanais doivent trouver une approche appropriée compte tenu de la situation très sensible et délicate que les présidents Aoun et Salam doivent gérer, car la marge disponible est extrêmement restreinte. Ils ne doivent pas faire preuve de clémence envers le Hezbollah tout en évitant une glissade vers une guerre civile.