Deux batailles au cœur des élections libanaises : Le report et le 16e district
La majorité des candidats qui ont soumis des candidatures au ministère de l'Intérieur ces dernières semaines appartenaient aux blocs du président Nabih Berri et du Hezbollah, indiquant que le "duo" chiite souhaite avancer comme si les élections allaient se dérouler comme prévu.
Si les élections restent inchangées, le 10 mars sera la date limite pour recevoir les candidatures selon la circulaire du ministre Ahmad Al-Hajjar. L'enthousiasme chiite pour les élections a ses raisons, mais les blocs parlementaires des grands partis suivent lentement, préparant leurs candidatures et annonçant discrètement les nominations.
Certaines parties présenteront plus d'un candidat pour le même siège dans le district, afin d'éviter tout problème dans l'élaboration des listes ou le remplacement des alliances. Lors des dernières élections, 1 044 candidats se sont présentés, dont 719 ont été acceptés pour rejoindre des listes.
En l'absence d'une vision électorale claire, l'Autorité législative et consultative a souligné que tous les électeurs expatriés votent dans un 16e district proposé, même si un nombre considérable de personnes inscrites préfèrent voter selon leurs anciens districts de résidence, ce qui leur donnerait un impact sur les 128 sièges du parlement. Actuellement, il y a 150 000 électeurs expatriés inscrits, et les données suggèrent qu'une majorité d'entre eux sont chrétiens.
Le président Nabih Berri et le PM Nawaf Salam ont exprimé leur soutien à la création d'un 16e district, mais la voie de son adoption reste bloquée entre la Chambre des représentants et le Conseil des ministres. Un ancien ministre de l'Intérieur affirme que si l'avis non contraignant de l'Autorité consultative est accepté et que les expatriés votent pour les 128 sièges, les recours devant le Conseil constitutionnel, dont les décisions sont contraignantes, pourraient conduire à l'annulation de tout le processus électoral. Cela compliquerait davantage l'extension du parlement lorsque son mandat prendra fin le 21 mai.
La loi électorale s'est transformée en un jeu de ping-pong entre les parties, dont la plupart privilégient les intérêts personnels plutôt que la volonté du peuple. Un nombre croissant pousse silencieusement pour un report, malgré les assurances publiques qu'elles souhaitent que les élections se déroulent à temps.
De nombreux politiciens avaient promis précédemment qu'ils ne continueraient pas même un seul jour au-delà de leur mandat.
Les observateurs notent que les opposants aux élections programmées cherchent à priver le "duo" de toute victoire électorale qui pourrait leur donner une influence supplémentaire dans la loi sur l'écart financier ou le désarmement du Hezbollah. Le report permettrait également à la sphère politique libanaise de voir l'issue des négociations entre les États-Unis et l'Iran avant d'investir dans une saison électorale intensive. Avec le lancement du premier missile, les élections seraient menacées quoi qu'il en soit.
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