Le ministre français des Affaires étrangères à Beyrouth : Paris affirme ses positions au milieu des tensions croissantes

Liban 06-02-2026 | 21:11

Le ministre français des Affaires étrangères à Beyrouth : Paris affirme ses positions au milieu des tensions croissantes

Alors que le Hezbollah et Israël intensifient leurs menaces, le ministre des Affaires étrangères français à Beyrouth signale l'engagement de Paris à sécuriser la Conférence de soutien à l'armée et à affirmer son influence au Liban.
Le ministre français des Affaires étrangères à Beyrouth : Paris affirme ses positions au milieu des tensions croissantes
Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noel Barrot à Beyrouth
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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, arrive aujourd'hui à Beyrouth pour une visite qui revêt des implications significatives, dans le contexte de la compétition diplomatique intérieure, à l’heure où les attaques et menaces entre le Hezbollah et Israël s’intensifient, alors que le temps presse pour les préparatifs de la Conférence de soutien à l'armée à Paris début mars prochain.

 

La visite de Barrot, sa troisième au Liban, est un signal de l'importance que Paris accorde au succès de la conférence. Elle ne se limite plus aux visites traditionnelles de l'envoyé présidentiel français Jean-Yves Le Drian, dont l'objectif lors de ses voyages était d'aider à la mise en place des mécanismes pour mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu et garantir un siège civil au sein du Comité mécanisme (les Américains président le comité avec un responsable militaire et incluent un représentant civil aux réunions, tandis que la participation française est limitée à un membre militaire, Washington refusant de les inclure en tant que civil).

 

Les États-Unis visent à transformer le mécanisme en un comité trilatéral incluant seulement le Liban, Israël et l’Amérique, et Paris cherche à contourner cette restriction américaine pour jouer un rôle dans ce domaine.

 

Le président Emmanuel Macron tient à garantir tous les éléments pour le succès de la conférence, non seulement en s'assurant d'une représentation et d'une participation de haut niveau — cinquante pays ont confirmé jusqu'à présent —, mais aussi en poussant le gouvernement libanais à fournir des preuves concrètes de son engagement à mettre en œuvre la résolution sur le désarmement et les décisions internationales, notamment la Résolution 1701.

 

Réussir cela permettrait à Paris d'augmenter le soutien financier. Le pari de la France sur le succès de la conférence va au-delà de l'organisation de l'événement ou du rassemblement de la participation internationale ; il vise également à renforcer le rôle de la France, alors que sa direction perçoit des tentatives américaines de la mettre de côté ou de la marginaliser au profit du désir de Washington de gérer seul le dossier, même s'il n'est pas une priorité actuelle pour les États-Unis.

 

Barrot tiendra une série de réunions avec des responsables libanais, se concentrant sur plusieurs points selon les informations disponibles : les exhorter à travailler intensivement dans la période précédant la conférence pour consolider la stabilité et empêcher une dérive vers un conflit régional, notamment avec le début des négociations américano-iraniennes aujourd'hui, qui pourraient affecter la situation libanaise.

 

Des rapports indiquent que Barrot discutera des progrès sur les plans de désarmement menés par l'armée et du début prévu de la deuxième phase dans le nord du Litani. Son attention ne se limite pas à la conférence de l'armée ; il abordera également les réformes financières en vue de la visite de la délégation du FMI à Beyrouth, les préparatifs de la conférence de reconstruction à laquelle le président Macron accorde une attention particulière, ainsi que la FINUL et la situation au sud du Liban dans la phase post-retrait de ces forces internationales.

 

La visite de Barrot s'inscrit dans le cadre d'une tournée régionale du ministre français des Affaires étrangères, qui a débuté hier à Damas par une rencontre avec son homologue syrien Asaad Al Shaibani, suivie de visites à Erbil et Bagdad avant de se rendre aujourd'hui à Beyrouth.

 

Certaines sources libanaises minimisent l'importance de la visite de Barrot, la considérant comme un simple message de soutien au Liban et une tentative française de rester sur le radar régional, comme en témoigne son itinéraire régional. Ainsi, les autorités n'ont pas d'ordre du jour ou de points spécifiques pour la visite, comprise principalement comme un message de soutien et une impulsion pour renforcer la stabilité interne et remplir les engagements nécessaires pour recevoir le soutien promis.

 

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