Chronique d'un basculement : L’Iran et le Liban face à l'abîme
Des nations comme le Japon, la Corée du Sud et plusieurs pays européens, initialement réticents à suivre l'offensive de l'administration Trump, se voient désormais contraints de s'immiscer dans un conflit qu'ils cherchaient à éviter pour protéger leur propre sécurité énergétique. Ce blocus a paradoxalement réduit l'isolement des États-Unis : Washington n'est plus seul, mais devient le pivot d'une coalition de nécessité pour la réouverture d'une route commerciale dont dépend l'économie mondiale.
L'Iran se retrouve piégé par sa propre « diplomatie du bord du gouffre ». Le régime subit des coups dévastateurs : après la perte de l'ayatollah Ali Khamenei au début du conflit, l'élimination d'Ali Larijani, figure clé du système et négociateur d'influence, marque une nouvelle étape dans la décapitation de l'appareil d'État. Téhéran, qui a agi avec un calme apparent lors des négociations passées, réalise aujourd'hui l'ampleur du désastre. Ses tactiques machiavéliques ont échoué, et le prix payé est exorbitant, tant sur le champ de bataille que politiquement. Washington et Tel-Aviv semblent déterminés à ne pas s'arrêter avant d'avoir atteint leurs objectifs stratégiques non divulgués : la domination absolue sur la région et ses ressources.
Au Liban, la situation est la plus grave de son histoire. Le pays subit le plus grand déplacement interne jamais enregistré, entraîné dans ce chaos par le Hezbollah pour le compte de Téhéran. Les infrastructures nationales sont directement ciblées : cette semaine, les frappes israéliennes sur les ponts du fleuve Litani et d'Al-Qasmiya ont visé à sectionner les lignes de ravitaillement, blessant au passage des journalistes internationaux. Le message de Tel-Aviv est sans ambiguïté : l'État libanais sera tenu pour responsable de l'utilisation de ses infrastructures par la milice pro-iranienne.
L'initiative de paix portée par le Président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam est désormais une exigence de survie absolue. Face à l'effondrement économique et social, le Liban ne peut plus supporter ce tribut. Si le "robinet" iranien venait à être définitivement coupé par l'effondrement du régime à Téhéran ou une invasion terrestre, le Hezbollah perdrait sa capacité d'action. Le timing d'un accord dépend désormais des réalités du terrain, Israël voulant négocier en position de force alors que le pays fait face à de multiples désastres simultanés.
Question adressée au Président de la République Libanaise
Monsieur le Président,
Alors que le blocage du détroit d'Ormuz asphyxie l'économie, que les figures centrales du régime iranien tombent les unes après les autres et que nos ponts s'effondrent, le Liban ne peut plus rester l'otage d'un agenda régional qui le dépasse.
Pourquoi ne prenez-vous pas aujourd'hui la décision politique historique d'ordonner à l'Armée libanaise de prendre le contrôle exclusif de l'arsenal militaire sur tout le territoire ?
L'armée dispose de la légitimité et des moyens nécessaires. Dans ce moment de basculement où l'influence de Téhéran vacille, n'est-il pas temps de libérer le destin du Liban et de faire de l'État le seul maître de la force, afin de protéger nos citoyens et de garantir la souveraineté de la nation ?
N.B. : Les propos tenus dans cet article expriment l'opinion de son auteur uniquement et n'engagent en rien la responsabilité de son journal.