Une ligne de faille régionale : comment les turbulences en Iran conduisent à l'escalade israélienne au Liban

Région 12-01-2026 | 16:42

Une ligne de faille régionale : comment les turbulences en Iran conduisent à l'escalade israélienne au Liban

Les délais de désarmement, les troubles iraniens et les exigences israéliennes placent Beyrouth au centre d'une impasse régionale en rapide escalade.
Une ligne de faille régionale : comment les turbulences en Iran conduisent à l'escalade israélienne au Liban
La menace israelienne avant l'attaque sur le village Kfar Hatta
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Washington est sous pression pour terminer la deuxième phase du désarmement face à des signes qu'Israël a décidé d'escalader contre le Hezbollah, remettant en question l'efficacité des actions de l'armée libanaise au sud du fleuve Litani et considérant ses mesures comme insuffisantes pour empêcher le groupe de reconstruire sa force.

 

 

Cependant, la guerre menaçante d'Israël est de plus en plus liée aux développements en Iran, même si elle continue son agression en maintenant le Liban comme théâtre de ses opérations. Alors que les attentes initiales pointaient vers de possibles frappes israéliennes sur Téhéran parallèlement à des actions similaires contre le Hezbollah, ces mouvements ont été reportés par une décision américaine en attente du résultat des troubles populaires en Iran. Washington a resserré son emprise sur Téhéran après l'opération au Venezuela et pousse le régime iranien à faire des concessions et à parvenir à un accord selon les termes américains. À défaut, la situation semble se diriger vers une confrontation. Ainsi, l'escalade israélienne contre le Hezbollah ne peut être séparée des développements en Iran. Dans le même temps, l'État libanais attend la position du parti à la lumière des changements potentiels sur le front iranien—s'il sera persuadé d'adhérer au plan de désarmement ou choisira de lier son sort à la trajectoire de l'Iran, ce qui semble être le cours le plus probable, malgré les risques que ce pari comporte en exposant tout le pays à une large escalade israélienne.

 

 

L'annonce du Liban qu'il a terminé la première phase du plan de désarmement relève de l'anticipation, signalant à Washington son engagement aux termes convenus tout en misant sur le gain de temps jusqu'à l'expiration du délai américain en février prochain. Pendant cette période, Beyrouth attend que les tendances régionales et les équilibres de pouvoir deviennent plus clairs à la lumière des développements en Iran. Notamment, le commandement de l'armée a déclaré qu'il déterminerait son plan pour les zones au nord du Litani en février, en attendant de clarifier l'approche américaine et l'étendue de sa compréhension de la situation du Liban.

 

 

Au milieu de ces développements, le Liban reste positionné le long de la ligne de faille sismique de l'Iran, exposé à la menace d'une guerre israélienne tout en faisant face à des pressions américaines pour réduire l'influence du Hezbollah et avancer vers des négociations directes avec Israël. Alors que les envoyés internationaux—particulièrement européens—continuent de se rendre en masse à Beyrouth, la position de soutien de la France envers le Liban s'est démarquée, soulignée par la visite de Jean-Yves Le Drian. Cela est venu après des rapports d'opposition israélienne et américaine à sa participation aux réunions du Mécanisme. Néanmoins, la réalité suggère que tout progrès sur le dossier libanais, qu'il soit sur le front de la sécurité ou financier, reste sous un parapluie américain. Par conséquent, le Liban court contre l'escalade en continuant à miser sur un rôle américain pour éviter la guerre, s'appuyant sur ce que l'armée a réalisé au sud du Litani et sur les démarches anticipées au nord du fleuve. Dans le même temps, les contacts politiques et les discussions soutenues par des acteurs internationaux se poursuivent dans un effort pour atteindre un règlement qui mettrait fin à la résistance du Hezbollah à se défaire de ses armes.

 

 

Face aux menaces israéliennes de guerre, l'attention se tourne également vers la prochaine réunion du Mécanisme et le niveau de représentation qu'elle impliquera. Suite à la réduction du rôle de Morgan Ortagus, on s'attend à ce que l'Ambassadeur américain Michel Issa prenne en charge la supervision du Mécanisme.

 

 

Notamment, selon des sources diplomatiques, Israël a commencé à augmenter le niveau de ses exigences au sein du Mécanisme. Premièrement, il cherche à séparer la discussion sur la sécurité des mécanismes de travail du comité, et deuxièmement, il pousse pour des négociations politiques plus larges qui pourraient conduire à des accords formels. Dans ce contexte, Israël tente de placer l'armée libanaise dans une position inconfortable en la pressant d'accomplir des missions précises tant au sud qu'au nord du Litani—une zone que l'occupation prétend constituer la deuxième ligne de défense du Hezbollah, abritant des tunnels et des cachettes liés à des positions au sud du fleuve. Dans le même temps, Washington travaille à élever le niveau de représentation afin de donner aux négociations directes un caractère plus officiel, tandis qu'Israël continue de rejeter tout rôle formel français. Cette position s'est reflétée dans la tension qui a marqué la réunion militaire la plus récente du Mécanisme entre les représentants français et israéliens.

 

 

Tous les signes suggèrent que la situation est sur le point de s'aggraver, de l'Iran au Liban, si aucune ouverture pour des négociations ne se profile, avec l'escalade israélienne restant ouverte à tous les scénarios.

 

 

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