Le génocide silencieux du Soudan : armes chimiques et le coût humain de la guerre

Opinion 06-02-2026 | 15:03

Le génocide silencieux du Soudan : armes chimiques et le coût humain de la guerre

Enquête de Sky News Arabia révèle des attaques au chlore mortelles, des témoignages de victimes, et l'urgence de la responsabilité mondiale.
Le génocide silencieux du Soudan : armes chimiques et le coût humain de la guerre
De la fumée sort du port au Soudan (AFP)
Smaller Bigger

Alors que la terre du Soudan est embrasée par un conflit conventionnel, et que la machinerie militaire continue d'ôter des vies avec des balles et des obus, le dernier rapport d'enquête de Sky News Arabia dévoile l'un des chapitres les plus sombres de cette guerre brutale—un chapitre qui va au-delà de la confrontation militaire, touchant aux contours d'un « génocide silencieux » par l'utilisation d'armes chimiques internationalement interdites.

 

Le reportage diffusé par la chaîne avant-hier n'était pas seulement un effort journalistique pour documenter les violations de guerre, mais un cri retentissant à une conscience mondiale qui semble avoir choisi le silence face à des abus qui ont franchi toutes les lignes rouges.

 

Du Nord-Darfour au sud et à l'ouest du Kordofan, et du centre du Soudan au cœur de la capitale, Khartoum, les témoignages des victimes confirment que l'« air » qui autrefois soutenait la vie a été délibérément transformé en une « condamnation à mort ».

 

L'enquête a transmis des images et des scènes déchirantes, des corps d'enfants et de femmes portant des cicatrices chimiques indéniables, et des rapports médicaux décrivant des symptômes mystérieux qui commencent par de graves difficultés respiratoires et se terminent par des lésions nerveuses ou une mort subite.

 

Le témoignage bouleversant du jeune Fath Al-Rahman, apparu avec un cou enflé en racontant sa tragédie et la perte de membres de sa famille après que des barils émettant des fumées suffocantes soient tombés, se tient comme une incarnation vivante d'un peuple tué de sang-froid, loin du bruit des canons.

 

L'enquête ne s'est pas appuyée uniquement sur des témoignages émotionnels, mais a tiré parti des évaluations d'experts internationaux et d'enquêteurs sur les crimes de guerre tels que Jankal Zandris et Stefan Kovace, qui ont confirmé que les indicateurs cliniques et les documents médicaux divulgués pointent clairement vers l'utilisation de gaz toxiques, très probablement du gaz de chlore, une arme classée comme crime de guerre complet en vertu du Statut de Rome et de la Convention sur les armes chimiques, que le Soudan a ratifiée en 1999.

 

L'accusation selon laquelle l'armée soudanaise, avec les éléments idéologiques influençant ses décisions, a utilisé cette arme, n'est pas une affirmation infondée, mais plutôt un renforcement de précédents rapports internationaux qui ont confirmé l'utilisation de telles armes au Darfour et dans les monts Nuba.

 

Ce qui aggrave davantage la situation dangereuse est le refus des autorités de Port Soudan de coopérer avec les comités internationaux d'établissement des faits, les plaçant dans la position d'une partie accusée cherchant à dissimuler le crime derrière un mur de déni.

 

Ce que cette enquête révèle place la communauté internationale devant un test moral et légal grave. La dénonciation verbale ne suffit plus face aux cris des mères ayant perdu leurs enfants lors de raids de « fumée jaune ».

 

Le défaut de mener une enquête internationale indépendante et complète accorde effectivement aux auteurs un permis pour continuer à transformer le Soudan en un terrain d'essai pour les armes interdites.

 

Le rapport d'enquête de « Sky News Arabia » n'est pas simplement un contenu médiatique à visualiser mais un document d'accusation historique.

 

Si le tueur croit que la poussière de la bataille obscurcira la vue de ses crimes, l'histoire montrera que l'« air » au Soudan a été témoin des actes de trahison humaine les plus odieux.

*]:pointer-events-auto scroll-mt-[calc(var(--header-height)+min(200px,max(70px,20svh)))]" tabindex="-1" dir="auto" data-turn-id="request-WEB:34b2bf88-31f2-4692-9ecd-664fdb89058d-12" data-testid="conversation-turn-26" data-scroll-anchor="true" data-turn="assistant">