Berlinale 2026 : un palmarès engagé qui résonne au Liban

Culture 23-02-2026 | 16:14

Berlinale 2026 : un palmarès engagé qui résonne au Liban

La 76ᵉ édition du Festival international du film de Berlin s’est achevée le 21 février 2026, consacrant Yellow Letters du réalisateur allemand Ilker Çatak par l’Ours d’or du meilleur film. Sous la présidence de Wim Wenders, le jury a mis en avant des œuvres profondément ancrées dans les réalités sociales et politiques contemporaines. Le Grand Prix du Jury est revenu à Salvation du Turc Emin Alper, tandis que Grant Gee a été distingué pour sa mise en scène dans Everybody Digs Bill Evans. Le Syrien Abdallah Alkhatib a remporté le prix du meilleur premier film avec Chronicles From the Siege, et le court métrage Yawman ma walad (Someday a Child) a reçu l’Ours d’or du court métrage. 
Berlinale 2026 : un palmarès engagé qui résonne au Liban
Smaller Bigger

Au-delà des récompenses, cette édition a révélé des tendances fortes : un cinéma engagé qui interroge la mémoire collective, les fractures sociales et les résistances culturelles ; une ouverture vers les nouvelles voix internationales, notamment à travers la section Perspectives qui a donné une visibilité à des cinéastes émergents venus de régions souvent marginalisées ; et une volonté affirmée de Berlin de se distinguer des autres grands festivals par une identité critique et inclusive, moins centrée sur le glamour que sur la réflexion.

 

Ces choix trouvent un écho particulier au Liban et dans le monde arabe. Le prix attribué à Abdallah Alkhatib résonne avec les sensibilités régionales, où le cinéma est souvent un outil de mémoire et de résistance face aux guerres, aux exils et aux crises sociales. Les thématiques explorées à Berlin rejoignent celles qui traversent les festivals libanais, tels qu’Ayam Beirut al Cinema’iya, qui partagent la même ambition de donner une voix aux récits du Sud et aux cinémas de résistance.

 

La Berlinale 2026 confirme ainsi son rôle de plateforme internationale où les voix minoritaires trouvent une reconnaissance mondiale. Pour le public libanais, cette édition illustre la possibilité d’un dialogue fécond entre les cinémas du Nord et du Sud, et rappelle que l’art, au-delà des frontières, demeure un espace de mémoire, de critique et de réinvention culturelle.