Géométrie d’un jasmin en exil

Culture 05-02-2026 | 02:03

Géométrie d’un jasmin en exil

Vénus Khoury-Ghata a marqué la scène culturelle française par son écriture, ses gestes, ses amitiés.
Géométrie d’un jasmin en exil
Rose royales et autres femmes tulipes (Salon d'Automne 2025)
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Par Bérine Pharaon

 

Vénus Khoury-Ghata a marqué la scène culturelle française par son écriture, ses gestes, ses amitiés.

 

Poétesse francophone, célébrée unanimement de son vivant. Femme-maternelle, elle éclairait le talent des autres.

 

Son exigence s’accompagnait d’une curiosité artistique.

 

Traductrice d’Adonis, lectrice attentive, passeuse d’expérience, membre de jurys de poésie, elle laisse un corpus où l’exil, le deuil, le monde féminin et l’individuation se mêlent.

 

Une pensée philosophique de résilience y prend forme, encore à explorer.

 

Car sa poésie révèle la multiplicité des voix et la richesse des mondes qu’elle convoque.

 

Les solides de Platon deviennent les événements du Liban :

 

guerres, exils, deuils, saisons de la vie et de la mémoire.

 

Des figures-poèmes géométriques, poétiques et philosophiques façonnent sa trajectoire et tracent les contours de son identité.

 

Ces repères, visibles ou invisibles, demeurent la cartographie de son appartenance .

 

Ils relient passé, présent et futur d' un Liban-France, matrice.

 

Une écriture visuelle émerge de ces dialogues, comme un premier lien d'introduction.

 

Ils disent l’humain, l’altérité, le temps et la mémoire.

 

Un testament littéraire universel et stoïcien dans sa lucidité, pour la diaspora libanaise, et bien au-delà .

 

 

 

 

" Qui peut parler au nom du jasmin ?

 

Quand le tonnerre fait éclater le tympan des vieilles herbes et que la pluie, plus basse que la plus basse des luzernes lotit la terre en d’infinis étangs ?

 

Quand le soleil, les doigts aux grilles se contente d’assister en spectateur ?..."

 

— Qui parle au nom du jasmin, Venus Khoury Ghata