Slimane à Annaharfr : « Le Liban, pour moi, c’est la liberté »

Culture 15-02-2026 | 21:40

Slimane à Annaharfr : « Le Liban, pour moi, c’est la liberté »

Vendredi 13 février, le Forum de Beyrouth affichait complet. Devant 3 600 spectateurs conquis, le chanteur français Slimane et la diva libanaise Hiba Tawaji ont offert un concert vibrant, multilingue et profondément symbolique. Une soirée placée sous le signe du partage, de la coexistence et d’un amour assumé pour le Liban
Slimane à Annaharfr : « Le Liban, pour moi, c’est la liberté »
Slimane à Annaharfr : « Le Liban, pour moi, c’est la liberté » (AnnaharFr)
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Une communion rare avec le public

Dès les premières notes, l’ambiance était électrique. Slimane, fidèle à lui-même, a livré une performance intense, alternant chansons en français et en anglais. Face à lui, un public qui chantait chaque mot, répondait à chaque geste et lui rendait sa tendresse avec une ferveur palpable.

L’interaction était naturelle, presque fusionnelle. À plusieurs reprises, l’artiste semblait laisser la salle prendre le relais, sourire aux lèvres, visiblement ému par cette énergie collective.

À l’issue du concert, j’ai eu l’occasion de m’entretenir brièvement avec lui. Une rencontre courte, mais chaleureuse, à l’image de l’artiste.

Je l’ai d’abord interrogé sur cette connexion évidente avec le public libanais.

« Le public et les Libanais sont la raison principale pour laquelle je reviens dans ce pays, symbole d’amour, de coexistence et de liberté. Vous savez vivre et fêter. J’avais l’impression que tout le monde s’éclatait avec moi, et que je ne dirigeais pas ce concert seul. »

« Le Liban, pour moi, c’est la liberté »

En évoquant le peuple libanais, je lui ai demandé comment il décrirait le Liban en un mot. Sa réponse a été immédiate :

« En un mot ? Le Liban, pour moi, c’est la liberté. Je me sens tellement libre ici. Il y a de tout : fêtes, clubs, religions, diversité… et vous savez accueillir les gens. Ce pays a une place énorme dans mon cœur et je suis de près ce qu’il s’y passe. »

Dans un contexte régional souvent présenté comme instable, je lui ai également demandé s’il n’avait pas hésité à venir.

« Pour tout te dire, je me fiche de ce que disent les médias. Il y a quelques mois, la situation au Liban était beaucoup plus tendue et pourtant je suis venu en visite. C’est plus fort que moi. J’aime ce pays. Comme je connais plusieurs personnes ici, il est facile pour moi de savoir quelles zones éviter et où rester. Et j’adore faire la fête ici. »

Des propos francs, assumés, qui traduisent un attachement personnel au pays du Cèdre.

Un pont culturel entre deux pays

Sachant que le Liban demeure l’un des derniers bastions de la francophonie active au Moyen-Orient, je lui ai enfin demandé comment il envisageait sa contribution à cette relation culturelle.

« Il existe plusieurs moyens et différents rôles à jouer. Personnellement, je contribue à travers la musique. Ce concert est justement un pont pour enrichir les deux cultures et célébrer la joie des relations historiques entre les deux pays. Les Libanais sont résilients et très cultivés. Je me sens toujours chez moi ici. »

La présence de Hiba Tawaji a renforcé cette dimension symbolique. Les duos ont incarné cette rencontre artistique où la langue devient un vecteur d’émotion plutôt qu’une frontière.

Une soirée au-delà de la musique

Plus qu’un simple concert, la soirée du 13 février s’est transformée en déclaration d’amour artistique. Dans une salle comble, 3600 personnes ont vibré à l’unisson, confirmant que Beyrouth reste une capitale culturelle incontournable.

À travers sa voix, son énergie et ses mots, Slimane a rappelé que la musique peut être un refuge, un lien et un acte de confiance.

Vendredi soir, au Forum de Beyrouth, il ne s’agissait pas seulement de chanter — il s’agissait de célébrer la liberté.