Les pourparlers Liban-Israël se déplacent au Pentagone alors que le dossier de sécurité entre dans une nouvelle phase

Liban 25-05-2026 | 09:03

Les pourparlers Liban-Israël se déplacent au Pentagone alors que le dossier de sécurité entre dans une nouvelle phase

Les pourparlers Liban-Israël se déplacent au Pentagone alors que le dossier de sécurité entre dans une nouvelle phase
Le Pentagone
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Le Liban traverse une phase extrêmement sensible avant la réunion de sécurité et militaire attendue entre les délégations libanaises et israéliennes le 29 mai au Pentagone, considérée comme la démarche la plus avancée depuis l'accord de cessez-le-feu après la dernière guerre dans le sud du Liban, et prélude à la reprise des négociations directes entre les deux parties les 2 et 3 juin sous le parrainage du département d'État américain.

 

Selon des sources proches des préparatifs de la réunion, la délégation militaire libanaise se dirige vers Washington avec un dossier clair axé avant tout sur une demande clé : garantir le cessez-le-feu et stopper les violations israéliennes, car toute discussion supplémentaire reste impossible sans l'atteinte de cet objectif.

 

Les sources ont souligné que la délégation insistera auprès des Américains sur le fait que l'occupation israélienne continue des cinq points frontaliers entrave l'achèvement du déploiement de l'armée libanaise jusqu'à la frontière sud et l'empêche de pleinement étendre son autorité sur la zone.

 

La délégation présentera également ce que l'armée libanaise a accompli depuis son déploiement dans le sud après l'accord de novembre 2024, expliquant qu'elle a rempli ses devoirs avec des capacités limitées et dans des conditions de terrain complexes, et que l'institution militaire a payé un prix humain lors des opérations de démantèlement d'armes et de mines, avec plus de 12 soldats tués et plusieurs autres blessés.

 

La délégation soulignera également que l'armée libanaise ne disposait pas d'informations préalables concernant les emplacements des tunnels ou des caches d'armes, contrairement aux allégations israéliennes, et que toutes les mesures prises sont documentées auprès du commandement de l'armée et du comité « Mécanisme » supervisant la mise en œuvre des accords.

 

En outre, la délégation soulèvera la question de l'aide militaire, la direction de l'armée considérant que les promesses occidentales et américaines faites pour soutenir l'institution militaire n'ont pas été tenues comme requis, malgré les responsabilités croissantes qui lui incombent dans le sud du Liban.

 

 

Pourquoi le Pentagone ?

 

L'importance de la réunion réside aussi dans le lieu où elle se tient. Le déplacement des discussions de Naqoura au Pentagone reflète un changement du dossier d'un cadre limité au niveau du terrain vers une trajectoire de sécurité et stratégique gérée directement par Washington.

 

L'administration américaine traite ce processus comme une opportunité pour tester la capacité de l'armée libanaise à stabiliser la situation frontalière et à s'adapter aux nouveaux arrangements de sécurité dans le sud du Liban, tout en exerçant des pressions visant à obtenir des accords plus larges concernant la restriction des armes exclusivement à l'État libanais.

 

Selon des informations convergentes, la partie israélienne se prépare à présenter des cartes et des coordonnées liées à des sites, tunnels et dépôts d'armes qu'elle prétend appartenir au Hezbollah, non seulement au sud du fleuve Litani mais aussi au nord et dans la région de la Bekaa, ouvrant la voie à une phase plus sensible concernant le rôle attendu de l'armée libanaise.

 

Cependant, des sources militaires libanaises soulignent qu'il y a une grande différence entre une mission axée sur le renforcement du déploiement et la surveillance des frontières et l'implication dans des opérations basées sur des renseignements israéliens à l'intérieur du territoire libanais. Elles ont souligné que toute avancée de ce type nécessite une décision politique libanaise claire et un soutien gouvernemental total.

 

En même temps, malgré les spéculations autour des préparatifs de la réunion, des sources informées ont nié l'existence de toute proposition officielle visant à établir une salle d'opérations conjointe libano-israélienne ou à créer une force spéciale de l'armée dédiée uniquement à la gestion des armes du Hezbollah dans le sud.

 

La délégation libanaise se rendant à Washington sera dirigée par le directeur des opérations de l'armée, le général de brigade Georges Rizkallah, et comprendra le général de brigade Ziad Rizkallah, le général de brigade Omar Hlayhel, le général de brigade Wael Abbas, le colonel Mazen El Hajj, le colonel Wadih Rafoul, en plus de l'attaché militaire libanais à Washington, le général de brigade Oliver Hakmeh.

 

Selon les sources, la délégation libanaise se dirige vers le Pentagone avec des instructions claires visant à garantir d'abord le cessez-le-feu et à expliquer ce que l'armée a mis en œuvre sur le terrain, sans entrer dans des engagements qui dépassent la résolution 1701 de l'ONU ou le rôle traditionnel de l'institution militaire libanaise.