Émirats : Redéfinir le pouvoir à l'ère post-OPEP
L'ère post-OPEP aux Émirats arabes unis ne peut pas être vue simplement comme une question de pétrole ; elle s'étend au-delà des décisions concernant la production, les quotas ou les règles du marché.
Ce qui se passe reflète un changement plus profond dans la manière dont l'État définit son pouvoir et sa position. Le pétrole n'est plus le seul cadre à travers lequel les Émirats arabes unis sont perçus, et les anciens cadres ne sont pas capables d'accueillir un État qui opère dans les domaines de l'économie, de l'énergie, de la technologie, de l'investissement et des chaînes d'approvisionnement commerciales avec une logique plus expansive qu'auparavant.
Un modèle bien établi et réussi
Cette transformation a coïncidé avec la quatrième année de leadership de Son Altesse Mohammed bin Zayed Al Nahyan. Durant cette période, les Émirats arabes unis semblaient entrer dans une phase plus transparente de leur prise de décision nationale, avec une plus grande confiance dans la gestion de leur position régionale et mondiale. L'État n'a pas commencé de zéro ; il possédait déjà un modèle solide et réussi, mais dans cette phase, il a élargi ce modèle, le liant à une plus grande mobilité, indépendance et influence.
La phase post-OPEP ne signifie pas l'abandon de la logique de coopération, ni l'éloignement des cadres du Golfe, arabes ou internationaux. Les Émirats arabes unis n'ont pas construit leur influence par la séparation, mais par une ouverture stratégique et de larges partenariats. Dans un modèle post-pétrole, les partenariats ne peuvent pas se substituer à la prise de décision nationale. Les États qui cherchent à opérer dans un monde volatile ont besoin d'une marge de manœuvre plus large, d'une adaptabilité plus rapide et d'institutions de décision qui savent quand la coordination est bénéfique et quand la flexibilité devient plus importante que d'attendre le consensus.
Autonomie stratégique
L'autonomie stratégique se trouve au cœur du modèle émirati. Ce n'est ni l'isolement, ni l'action unilatérale, ni un désir de contourner les autres. Elle reflète plutôt la capacité de l'État à s'engager avec le monde depuis sa propre position, conforme à ses intérêts, tout en préservant son orientation nationale. Son Excellence Anwar Gargash, conseiller diplomatique de Son Altesse le Président, a souligné cela sur la plateforme X, notant que la résilience et l'indépendance stratégique des Émirats arabes unis leur permettent de surmonter les défis régionaux tout en continuant à promouvoir la stabilité et le progrès.
Sous la direction de Son Altesse Mohammed bin Zayed Al Nahyan, la stabilité aux Émirats arabes unis n'est plus confinée à la sauvegarde des acquis de l'État. Elle est devenue une plateforme d'ouverture, d'expansion de la puissance économique et de construction d'influence. Cela se reflète dans la croissance des Émirats arabes unis à travers la nouvelle économie, l'intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les investissements mondiaux, les ports, les services logistiques et le commerce. Le pétrole à lui seul ne définit plus la position ou la présence économique des Émirats arabes unis ; il est devenu un outil parmi tant d'autres que l'État utilise pour façonner son rôle dans une économie mondiale en évolution rapide.
La distinction réside dans le fait que les Émirats arabes unis ne sont plus interprétés uniquement à travers le pétrole. L'énergie reste un composant important de leur pouvoir, mais elle ne définit plus les limites de leurs ambitions nationales. Le pétrole continue de faire partie de l'équation des Émirats arabes unis, mais il ne détermine plus singulièrement la position ou la direction de l'État.
Dans cette phase, le cadre établi sous la direction de Son Altesse Mohammed bin Zayed Al Nahyan est devenu solidement enraciné. La politique des Émirats arabes unis n'est pas motivée par des réactions à court terme, mais par des évaluations à long terme des intérêts et de la position de l'État. Ainsi, la phase post-OPEP apparaît comme une extension d'une trajectoire plus large de prise de décision nationale, plutôt qu'un changement limité au dossier de l'énergie. Elle reflète un État qui sait comment préserver ses relations, élargir ses choix et construire son avenir avec confiance.
Ici réside l'importance du moment émirati. L'État, qui a construit une partie importante de sa présence grâce à l'énergie, ne s'est pas arrêté là, ni n'a lié son avenir à des formules qui ne conviennent plus à l'époque actuelle. Le pouvoir aujourd'hui réside dans la capacité de choisir le bon moment, d'élargir les alternatives et de gérer les relations sans perdre la liberté de mouvement. Par conséquent, les Émirats arabes unis semblent entrer dans une phase qui ouvre un espace plus large pour un rôle économique et politique cohérent avec leur influence et leurs ambitions.
Avertissement: Les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues de Annahar.