La découverte d'une présence militaire étrangère secrète dans le désert de Najaf suscite des inquiétudes croissantes concernant la souveraineté de l'Irak.
La découverte d'une présence militaire étrangère secrète dans le désert de Najaf suscite des inquiétudes croissantes concernant la souveraineté de l'Irak.
Une installation militaire clandestine en Irak soulève des tensions sur la souveraineté nationale et des questions sur les opérations américano-israéliennes contre l'Iran.
Le désert de l'ouest de l'Irak, s'étendant sur de vastes zones et relativement peu peuplé. (AFP)
Dans un développement hautement sensible soulignant l'étendue de l'enchevêtrement régional en Irak, le journal américain The Wall Street Journal a révélé l'établissement d'une base militaire israélienne secrète dans le désert de Najaf, utilisée pour soutenir les opérations aériennes américano-israéliennes visant l'Iran pendant la récente guerre, soulevant de sérieuses questions sur la violation de la souveraineté irakienne et la transformation du pays en une arène de confrontation non déclarée.
Selon des sources militaires irakiennes s'exprimant au journal Annahar, la base a été secrètement établie au cœur du désert de la province de Najaf, loin des centres de population et des lignes de surveillance traditionnelles, sous des arrangements sécuritaires complexes visant à fournir un point de soutien opérationnel pour les opérations aériennes et défensives israéliennes dans la région.
ues de missiles et les drones lancés par des factions armées irakiennes soutenues par l'Iran, en plus de faire face aux menaces qui ont accompagné l'escalade régionale pendant la guerre.
Découverte accidentelle
Selon les sources, la base israélienne n'a pas été découverte par le biais d'opérations de renseignement, mais plutôt “accidentellement,” après que des citoyens aient remarqué des mouvements suspects et une activité inhabituelle dans la zone désertique, les incitant à informer les autorités de sécurité irakiennes.
Par la suite, les forces irakiennes se sont déplacées vers le site, où des escarmouches limitées ont eu lieu avec le personnel sur place, avant d'évacuer la base et de la détruire partiellement, et de transférer les personnes qui s'y trouvaient vers un lieu inconnu, après qu'elle ait opéré pendant environ une semaine sur le territoire irakien.
Annahar a contacté les autorités de sécurité irakiennes compétentes, mais elles ont refusé de commenter le rapport publié par The Wall Street Journal.
La question s'est rapidement transformée en un dossier souverain et sécuritaire très complexe, surtout au milieu d'une réticence officielle persistante concernant les détails de l'incident, malgré l'annonce par les autorités de sécurité de l'ouverture d'une enquête sur ce qui s'est passé.
Jusqu'à présent, Bagdad n'a pas officiellement divulgué la nature de la base ni la partie qui la gère, ni clarifié comment une entité étrangère a pu établir un site militaire sur le territoire irakien sans détection précoce ou annonce officielle.
A shot from a video published by Israeli media showing the location of the military base in Najaf desert. (Israeli Media)
Une grave atteinte à la sécurité
De son côté, le conseiller militaire Maen al-Jubouri a déclaré à Annahar que “la présence d'une base militaire secrète sur le territoire irakien représente une violation grave de la souveraineté nationale et une menace directe pour la sécurité nationale irakienne,” considérant ce qui s'est passé comme révélant l'étendue de la complexité sécuritaire à laquelle l'Irak est confronté, et soulignant la possibilité que ses territoires soient exploités comme une arène de conflit régional et international loin de la volonté de l'État irakien.
Al-Jubouri explique que “la gravité du problème ne concerne pas seulement l'existence de la base elle-même, mais aussi ce qu'elle représente comme une violation de la sécurité et du renseignement qui pourrait permettre à l'Irak d'être transformé en une plateforme d'opérations militaires, ce qui menace d'entraîner le pays dans un ciblage direct et une escalade régionale, surtout au milieu des tensions persistantes entre l'Iran, les États-Unis et Israël.”
Il ajoute que “la réticence officielle et l'absence de divulgation des résultats de l'enquête au public ouvrent la porte aux rumeurs et interprétations, mettant les institutions de sécurité devant un défi majeur lié à la nécessité de clarifier les faits et de renforcer la confiance des citoyens dans la capacité de l'État à protéger la souveraineté nationale.”
L'Irak entre les axes
Il souligne que “le gouvernement irakien est tenu de mener une enquête complète et transparente impliquant les agences de sécurité et de renseignement concernées, avec une divulgation claire de ses résultats, sans se contenter de déclarations générales.” Il indique également la nécessité de “réviser les systèmes de surveillance et de contrôle des zones désertiques et frontalières, et d'améliorer les capacités de renseignement pour prévenir toute activité militaire illégale sur le territoire irakien.”
L'expert en sécurité irakien souligne que “l'Irak doit être éloigné des politiques d'axes et des conflits régionaux, et ne pas permettre à une quelconque partie d'utiliser ses territoires pour des opérations militaires ou des règlements de comptes entre des puissances en conflit, car la poursuite de tels incidents pourrait soumettre le pays à de sérieuses pressions sécuritaires et internationales et menacer sa stabilité intérieure.”
Le général de corps d'armée Qais al-Muhammadawi, commandant adjoint des opérations conjointes, a annoncé en mars dernier qu'un mémorandum de protestation avait été soumis à la coalition internationale concernant l'opération de débarquement à Najaf, soulignant qu'aucune force ne serait autorisée à “jouer avec la sécurité de l'Irak.”
Ce développement intervient à un moment où l'Irak fait face à des pressions croissantes en raison de sa transformation en une arène de chevauchement entre le conflit irano-israélien et la rivalité américano-iranienne, ses territoires étant utilisés comme plateforme pour des opérations lors de la récente guerre régionale, soulevant des questions croissantes quant à la capacité des institutions de sécurité irakiennes à protéger la souveraineté nationale et à empêcher le pays de devenir une zone de guerre secrète.