Les inquiétudes de la France et de l'Arabie Saoudite grandissent face aux négociations hâtives entre le Liban et Israël, alors que le conflit persiste
Après la visite de l'envoyé saoudien, le prince Yazid bin Farhan, au Liban et ses entretiens avec les dirigeants libanais, ainsi que la visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en Arabie saoudite dans le cadre de sa tournée dans le Golfe, qui l'a également mené aux Émirats arabes unis et à Oman, il est devenu clair pour la diplomatie française que l'Arabie saoudite est pleinement engagée dans le dossier libanais et cherche à aider à atteindre la paix intérieure et le consensus entre les trois présidences du Liban.
Elle travaille également à convaincre le président du Parlement Nabih Berri de la nécessité de coordonner avec le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam concernant les négociations de paix entre le Liban et Israël.
Riyad et Paris ont déjà joué un rôle majeur en persuadant le président américain Donald Trump de faire pression sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour arrêter la guerre contre le Liban.
Le président français Emmanuel Macron l'a contacté le jour où Israël a lancé une attaque lourde contre le Liban le 8 avril, et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman l'a également appelé. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, était en contact constant avec son homologue américain Marco Rubio dans le but de désamorcer la guerre israélienne contre le Liban.
Annahar a appris que Riyad a souligné au côté libanais la nécessité d'avancer avec les négociations avec Israël, mais s'inquiète quelque peu de la tendance américaine à se précipiter vers l'organisation d'une rencontre entre le président libanais et le premier ministre israélien, destinée à prendre une photo de la réunion et déclarer que la paix a été obtenue, après quoi le dossier serait laissé sans suivi supplémentaire.
Paris et Riyad partagent cette inquiétude, d'autant que, en l'absence d'un retrait israélien du Liban, une photo d'Aoun et Netanyahu pourrait coûter cher au côté libanais.
D'autre part, lorsque le côté américain entend que l'accélération de l'organisation d'une rencontre entre Aoun et Netanyahu n'est pas utile, il répond aux Français en disant que le fait d'attendre que les Libanais prennent les mesures requises revient à retarder les choses sans arriver à une solution.
De plus, les sources françaises écartent la possibilité d'un retrait israélien en pleine campagne électorale en Israël. Elles considèrent que la situation est extrêmement complexe et estiment que parler d'une conférence de soutien à l'armée et à la reconstruction au Liban est prématuré tant que l'armée israélienne reste au sud, que les villages continuent d'être bombardés, et que les déplacements se poursuivent.
Elles disent également qu'il n'est pas possible de mobiliser le soutien international à l'armée tant que le désarmement du Hezbollah n'a pas encore été achevé.
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