Les pourparlers Liban-Israël marquent un tournant politique dans la région
Le Liban et Israël ont entamé leurs premières négociations directes. Beyrouth fait un pas sans précédent, émanant d'une initiative proposée par le président Joseph Aoun. Le gouvernement libanais exprime une volonté qu'il désire indépendante de toute tutelle étrangère, notamment iranienne, pour aborder la question de ses racines, en face à face, même si les efforts ne répondent pas à de grandes attentes. Personne sain d'esprit n'attend de fins heureuses, même dans un avenir lointain. Pourtant, personne de sensé ne s'oppose au bon choix : seul l'État négocie.
La réponse à la question est devenue simple. Les négociations aideront-elles le Liban à restaurer la paix dans le pays ? La réponse est : les armes des milices et leurs entreprises de "soutien" le feront-elles ? Le "mini-État" apporte-t-il autre chose au pays que ruine, destruction, chaos et tous les symptômes de la discorde civile ? L'arme a-t-elle fourni une protection pour le pays, la prospérité pour son peuple et la paix, surtout pour son sud ? L'environnement de cette "résistance" remet ouvertement en question sa propre déception : y a-t-il une fin à cette nuit ?
Le retour de l'occupation
Le Liban ne contrôle pas l'équilibre des pouvoirs pour confronter son négociateur avec des papiers et des outils de poids. L'"arsenal d'armes" a profondément nui au pays, à sa résilience, à son unité et à la force de son État. Il a entraîné le Liban aux marges du système international et en a fait une base iranienne depuis laquelle Téhéran surveille Israël depuis nos frontières sud et les cartes de la Méditerranée depuis notre côte. L'arme de Hezbollah a amené la guerre à notre porte, tandis que les guerres des autres se menaient ailleurs. L'occupant est parti en 2000 pour de bon, et "le Sayyid" a déclaré la victoire et l'armement depuis Bint Jbeil. L'occupation est partie depuis un quart de siècle et est revenue en ville avec les "vertus" de cette arme.
"Pleurez comme des femmes pour un royaume que vous n'avez pas défendu comme des hommes." Cette phrase est attribuée à Aisha, mère de l'émir Abu Abdullah Muhammad XII, connu sous le nom d'Abu Abdullah le Petit, dernier roi d'Andalousie, qui a remis Grenade au roi Ferdinand et à la reine Isabelle.
La défense des hommes ne concerne pas seulement les armes, les acclamations ou le sang des martyrs, mais aussi la maturité, la prudence, la perspicacité, la compréhension et une bonne compréhension de la scène internationale. Cette nuit aurait pu se terminer depuis cette libération il y a 26 ans. Mais l'objectif n'était pas la libération ou la liberté, mais la domination, la tyrannie, les assassinats, les chemises noires, puis un soutien imprudent après l'autre, sans tenir compte de l'histoire, de la géographie, de la science des équilibres de pouvoir, et de la vie et des destins des gens.
Le Liban n'est pas seul
Beyrouth réajuste ce qui reste de son pouvoir à la bonne heure. Le Liban ne possède pas la puissance de dissuasion, que d'autres États n'ont pas non plus, mais il détient la force de l'argumentation et le droit de défendre la sécurité et les intérêts du pays. Le Liban n'est pas seul. Avec lui se trouvent des cadres arabes, régionaux et internationaux qui ont toujours soutenu son existence, sa cohésion, son unité territoriale et sa survie continue, même lorsque des séismes géopolitiques semblaient prévoir sa désintégration et la fin de son histoire.
Le monde change. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio accueille une réunion inaugurale regroupant l'ambassadeur libanais et l'ambassadeur israélien dans l'immeuble de son département à Washington. Le monde change. "Hezbollah" n'a rien d'autre que de mobiliser des centaines de ses partisans et d'émettre des positions rejetant le "péché" à Washington et ne reconnaissant pas ses résultats. Et le monde change, avec certaines de ses caractéristiques façonnées par ce qui émerge de la guerre en Iran et ses conclusions seules prévoyant ce que la situation à Téhéran mènera à l'avenir de sa révolution, qui ne sera plus exportable.
L'exercice ne sera pas facile. Il fait face à l'opposition de l'Iran et à la réticence d'Israël. Le premier perd son influence au Liban après l'avoir perdue entièrement en Syrie. Le second cherche à imposer une nouvelle réalité dans le sud du Liban après l'avoir imposée dans le sud de la Syrie. Le Liban veut arrêter sa destruction et ne pas lier son destin aux batailles des puissants dans son voisinage. Le pays bénéficie d'un large soutien international et est redevenu une priorité à Paris, Londres et Berlin. Il est devenu une porte d'entrée vers le succès que Donald Trump souhaite ajouter à son palmarès. C'est un commencement avec un chemin à parcourir qui sera semé d'obstacles, ressemblant à la scène dramatique d'une intense transformation et imprévisibilité dans le monde entier.
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