Le Liban exige le contrôle de l'État sur les armes face à l'escalade israélienne

Liban 09-04-2026 | 20:46

Le Liban exige le contrôle de l'État sur les armes face à l'escalade israélienne

Face aux attaques meurtrières à Beyrouth, le Liban prend des mesures décisives pour sécuriser le contrôle étatique des armes, protéger les civils, et solliciter l'action internationale sous l'Accord de Taëf.
Le Liban exige le contrôle de l'État sur les armes face à l'escalade israélienne
Le Conseil des ministres au palais de Baabda (Présidence libanaise).
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Suite à une journée de violences à Beyrouth et dans d'autres régions du Liban, le pays a annoncé sa position stricte sur la limitation des armes dans la capitale aux forces légitimes, tout en prenant des mesures urgentes au Conseil de sécurité des Nations Unies pour déposer une plainte contre l'escalade israélienne.

 

Entre ces deux voies, sécuritaire et politique, le Conseil des ministres s'est réuni à Baabda dans une tentative de réponse, sous un climat défini par le danger croissant et une pression accrue sur le Liban.

 

La séance du gouvernement a été lancée sous la présidence du Président Joseph Aoun avec une minute de silence pour les victimes des massacres israéliens à Beyrouth et dans d'autres régions libanaises.

 

Avant la séance, une rencontre bilatérale a eu lieu entre les présidents Aoun et Nawaf Salam au Palais de Baabda. Il a été rapporté que les ministres de l'Économie, Amer Bisat, et des Déplacés, Kamal Shehade, étaient absents de la séance.

 

Premier ministre Nawaf Salam (Nabil Ismail).
Premier ministre Nawaf Salam (Nabil Ismail).


Aoun: Personne ne négocie au nom du Liban

Au début de la séance, le Président Joseph Aoun a déclaré : "Nous sommes fatigués des déclarations de condamnation, et nous espérions que le cessez-le-feu inclurait le Liban, mais malheureusement vous avez entendu les déclarations émises à ce sujet." Il a ajouté : "Dans les communications que nous entretenons avec un certain nombre d'amis du Liban autour du monde, nous demandons que le Liban ait une chance, comme a été donnée aux États-Unis et à l'Iran, de mettre en œuvre un cessez-le-feu et de procéder à des négociations, et de faire pression pour que le Liban fasse partie de l'accord de cessez-le-feu afin que nous puissions avancer dans les négociations."

 

Il a souligné : "Nous sommes un État avec notre propre entité et présence, et c'est l'État qui négocie. Nous n'acceptons pas que quiconque négocie en notre nom. Nous avons la capacité et les moyens de négocier nous-mêmes, et par conséquent nous ne voulons pas que quiconque négocie pour nous. C'est quelque chose que nous n'accepterons pas."

 

Commentant les massacres israéliens d'hier, Aoun a déclaré : "Suite à l'agression israélienne d'hier, nous ne pouvons qu'apprécier hautement la solidarité des différents ministères et leur travail conjoint dans la gestion des retombées de cette agression. Cela a été un effort immense pour réduire la souffrance de notre peuple dans tous les domaines, que ce soit dans les soins médicaux, l'évacuation, les opérations de sauvetage, le déblaiement des décombres, ou d'autres questions urgentes. Cela inclut les Ministères de la Santé, des Affaires sociales, des Travaux publics, et de la Défense nationale avec l'armée, le Ministère de l'Intérieur avec les forces de sécurité, ainsi que les pompiers, la défense civile, et la Croix-Rouge, dont certains ont sacrifié leur vie en accomplissant ce devoir, en plus des organisations internationales et des amis du Liban qui nous accompagnent pour alléger cette souffrance."

 

Salam

Pour sa part, le Premier ministre Nawaf Salam s'est adressé aux journalistes après la séance, annonçant : "Nous prenons des mesures urgentes pour déposer une plainte auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant l'escalade des attaques israéliennes sur le Liban, qui se sont intensifiées hier, mercredi 8 avril, notamment dans la capitale Beyrouth, entraînant un grand nombre de victimes civiles."

 

Il a ajouté : "Cette escalade dangereuse défie tous les efforts internationaux et régionaux pour arrêter la guerre dans la région, ignorant les principes du droit international et du droit international humanitaire, allant même jusqu'à les violer."

 

Salam a également déclaré : "Selon le Document de l'Accord National connu sous le nom d'Accord de Taëf, et les décisions pertinentes du Conseil des ministres, et afin de préserver la sécurité et la sûreté des citoyens et de leurs biens, l'armée et les forces de sécurité sont priées de renforcer immédiatement le contrôle total de l'État sur le Gouvernorat de Beyrouth, de limiter les armes là-bas aux seules forces légitimes, d'appliquer strictement les lois, de prendre toutes les mesures nécessaires contre les contrevenants, et de les renvoyer aux autorités judiciaires compétentes."

 

Que signifie la limitation des armes selon l'Accord de Taëf ?

L'Accord de Taëf, qui a mis fin à la guerre civile libanaise, établit clairement le principe que les armes doivent être aux mains de l'État libanais dans le cadre de l'extension de sa souveraineté sur tout son territoire. Les dispositions clés incluent :

  • "Dissolution de toutes les milices libanaises et non libanaises et remise de leurs armes à l'État libanais dans les six mois suivant l'approbation du Document de l'Accord National, l'élection du président, et la formation du gouvernement d'unité nationale."

 

L'accord met également l'accent sur le renforcement de l'autorité de l'État :

"Extension de l'autorité de l'État libanais sur tout le territoire libanais par ses propres forces."

 

Ce texte sert de référence constitutionnelle et politique fondamentale pour toute décision liée à la limitation des armes, y compris les mesures actuellement proposées à Beyrouth.