Sud du Litani en Danger : Israël Fait Valoir Ses Arguments Contre l'État
Ces derniers jours, l'appareil de propagande de l'armée israélienne a commencé à lancer une attaque contre le rôle joué par l'armée libanaise au sud du fleuve Litani. Cet appareil, qui opère au sein de l'unité du porte-parole de l'armée israélienne, se concentre, chaque fois que ses forces saisissent une arme, sur ce qu'il appelle « l'échec » de l'institution militaire à accomplir ses tâches assignées et à atteindre les objectifs déclarés du plan « Bouclier de la patrie ».
En attendant des clarifications officielles de la part du commandement de l'armée libanaise ou du ministère de la Défense concernant ces accusations israéliennes, et pour déterminer si les quantités qui sont apparues au sud du Litani étaient réellement là ou ont été amenées, partiellement ou entièrement, du nord du fleuve au début de la « guerre de soutien à l'Iran », que le Premier ministre Nawaf Salam a décrite comme une « guerre des autres sur notre terre », il est nécessaire de comprendre le véritable contexte de cette campagne de propagande militaire israélienne contre l'armée libanaise, ainsi que ses dimensions et ses implications pour la souveraineté, au moins à moyen terme.
Israël ne justifie pas son attaque contre l'armée libanaise par sa guerre actuelle contre le Hezbollah. En pratique, le Hezbollah a livré le Liban sur un plateau d'argent, en représailles à l'assassinat de l'ancien leader suprême iranien Ali Khamenei et dans le cadre de son engagement à défendre la République islamique d'Iran, en coordination directe avec le Corps des gardiens de la révolution iranienne.
C'est là que réside le danger de cette campagne contre l'armée libanaise. En effet, elle sert de couverture pour transformer la zone au sud du fleuve Litani en quelque chose qui ressemble à Khan Younis dans la bande de Gaza, avec une destruction terrifiante, et elle justifie son occupation, soit par une présence militaire dans certaines zones, soit par une puissance de feu dans d'autres, et sa déclaration comme une zone tampon entièrement dépeuplée, dont la population enregistrée, et non la population réelle, est d'environ six cents mille personnes.
L'Armée Libanaise et la Confiance Perdue
Au-delà, selon des rapports de renseignement reçus au Liban, Israël refuse à tout moment d'attribuer à l'armée libanaise la tâche de compléter le désarmement du Hezbollah dans une profondeur de quarante kilomètres de la Ligne bleue, la frontière provisoire entre les deux pays tracée par les Nations Unies en 2000. Il insiste sur le fait que si un accord est conclu à un stade ultérieur pour que l'armée libanaise s'acquitte de cette tâche, cela doit se faire sous la surveillance directe de l'armée israélienne, tandis que l'armée américaine superviserait, dans des zones plus éloignées, l'accomplissement du désarmement du Hezbollah dans le reste du Liban.
Les renseignements israéliens croient que l'armée libanaise n'a pas la capacité, même si l'intention existe, de désarmer le Hezbollah. Lorsqu'elle se trouve obligée de le faire, elle coordonne ses actions avec les dirigeants du parti, ce qui sape l'efficacité de ses actions.
Le problème du Liban avec ces ambitions israéliennes est qu'elles bénéficient d'un soutien illimité de l'administration américaine. Les visions du chef du Commandement central américain Brad Cooper et du chef d'état-major israélien Eyal Zamir se sont alignées sur ce dossier, convaincus que l'élimination du Hezbollah devrait être prioritaire alors que la guerre commune contre l'Iran approche de ses dernières étapes.
Le Premier ministre Nawaf Salam n'a pas réussi à convaincre le commandant de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, après que le Hezbollah ait ouvert ce qu'il appelle un front de soutien à l'Iran, de prendre des mesures sur le terrain qui pourraient restaurer la confiance internationale dans l'institution militaire. Haykal a conditionné toute action de l'armée à la sécurisation d'un consensus politique national, ce qui a irrité les cercles locaux et internationaux.
Selon des sources politiques libanaises étroitement connectées à ce dossier, cette position israélienne opposée à tout rôle pour l'armée libanaise, soutenue par l'administration américaine, aura des répercussions négatives sur la position de négociation du Liban lorsque le moment viendra.
Le Scénario Syrien au Liban
Il y a aussi des préoccupations que ce qui se passe dans les négociations directes avec la Syrie puisse être répété au Liban. Israël a freiné tout accord qui pourrait être sur le point d'être conclu, alors qu'il cherche à maintenir le contrôle total des zones qu'il a occupées dans le sud de la Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad, en invoquant son manque de confiance dans la composition de la nouvelle armée syrienne d'une part, et dans un système qui, selon lui, sympathise naturellement avec l'extrémisme sunnite hostile à Israël et à son existence.
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