Le Hezbollah et Téhéran se positionnent pour un accord post-guerre

Région 03-04-2026 | 14:00

Le Hezbollah et Téhéran se positionnent pour un accord post-guerre

Alors que le conflit au Liban continue, le Hezbollah et l'Iran cherchent à affirmer leur influence à la table des négociations, marginalisant l'État libanais et éprouvant la stratégie d'Israël.
Le Hezbollah et Téhéran se positionnent pour un accord post-guerre
Tentes pour les déplacés dans le centre de Beyrouth (AFP)
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Après que le président américain Donald Trump ait écarté dans son discours à la nation les faibles chances d'annoncer la fin de la guerre et le début d'un processus de négociations publiques avec l'Iran, et ait révélé que la guerre continuerait au moins deux à trois semaines, il est devenu clair que le front libanais, étroitement lié et peut-être même plus connecté au front iranien, ferait face à une période similaire. Cette période façonnerait le cheminement de l'avance israélienne le long de la frontière sud et déterminerait le point que Tel-Aviv considérerait suffisant pour se diriger vers la voie politique, qui est actuellement au point mort et entièrement dépendante de l'impact des missiles et des progrès militaires sur le terrain.

 

Tous les facteurs qui ont façonné la scène politique avant le 2 mars, y compris l'initiative présidentielle pour des négociations directes avec Israël, ont été rejetés à la fois par le côté israélien et par Hezbollah et, derrière lui, par Téhéran. L'Iran a clairement et fermement déclaré qu'aucune négociation ne pouvait avoir lieu sans le Hezbollah à la table, tout comme le groupe avait précédemment annoncé qu'il ne négocierait pas sous le feu car cela reviendrait à se rendre. De cette déclaration, on a compris que le Hezbollah ignorait tout ce qui s'était passé avant son implication dans la guerre et avait déplacé son attention ailleurs, cherchant à sécuriser sa place à la table directement par l'Iran plutôt que par l'État libanais, qu'il a écarté dès le moment où ses dirigeants ont commencé à affirmer qu'ils étaient l'État.

 

Le parcours militaire suivi par le Hezbollah, aux côtés de Téhéran, est parallèle à un parcours de négociation visant à parvenir à un accord avec Washington et Tel-Aviv qui exclut l'État libanais, dont la présence ne serait que formelle ou symbolique. L'État a perdu la confiance internationale en raison de son échec à remplir ses obligations et de son incapacité à mettre en œuvre ses décisions, que ce soit en matière de paix et de guerre, en contrôlant le sud du Litani et en déployant l'armée là-bas, ou en maintenant une autorité exclusive sur les armes. Le monde a vu que la décision de paix et de guerre reste entre les mains du Hezbollah. Le groupe n'a pas cédé ses armes mais a plutôt augmenté son arsenal et maintenu ses capacités militaires au sud du fleuve. Le Hezbollah mise sur le fait de saper l'État avec sa direction actuelle, y compris la présidence et le gouvernement, cherchant finalement à changer le système. Il cherche à travers cette stratégie à sécuriser les gains politiques de sa présence et de sa continuité après les lourdes pertes subies durant la guerre et son besoin de légitimité pour compenser les parties affectées et reconstruire.

 

La stratégie du Hezbollah et de Téhéran repose sur des expériences antérieures dans lesquelles Washington ou Israël ont mené des guerres et ont finalement conclu des accords avec ceux contre qui ils se battaient. La guerre en Afghanistan avec les talibans en est un exemple clair, tout comme la guerre en Syrie, dont Mohammad al-Joulani est sorti pour entrer sous le nom d'Ahmad al-Sharaa, et de même à Gaza, où les détails de l'accord avec le Hamas restent flous à ce jour. Parmi le camp résistant, certains se demandent ce qui empêche cette expérience de se répéter aujourd'hui avec le Garde révolutionnaire et le Hezbollah.

 

La récente rencontre entre le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdel Ati et une délégation du Hezbollah a signalé que des discussions ont commencé sur cet axe. La réponse du Hezbollah, dans laquelle il a été à l'écoute et a confié l'affaire au président du Parlement Nabih Berri, a été un deuxième indicateur important quant à la continuation du statu quo concernant l'autorité officielle représentant l'État et négociant publiquement en son nom et implicitement au nom du Hezbollah.

 

La stratégie du Hezbollah est-elle réaliste ? Conduira-t-elle à un accord avec le groupe plutôt qu'avec l'État ? Les sources politiques répondent qu'il est trop tôt pour juger de la forme de l'accord que produira la guerre, mais elles sont certaines qu'elle ne servira pas les intérêts du pays ou du parti. Israël a révélé ses intentions et n'est pas prêt à répéter les erreurs passées en se retirant et en laissant le champ au Hezbollah pour retrouver force et influence. En conséquence, les sources croient qu'Israël ne s'arrêtera pas cette fois-ci avant que les capacités militaires du Hezbollah ne soient paralysées, non simplement affaiblies, selon le principe que l'objectif aujourd'hui est de mettre fin à l'influence du Hezbollah plutôt que de négocier avec lui avant que cela ne soit atteint, similaire à ce qui s'est passé avec le Hamas.

 

Par conséquent, les sources anticipent que la guerre au Liban sera plus longue et plus large que le conflit à Téhéran, et que Berri, surveillant les développements, attend et se prépare à rejoindre les négociations au moment opportun.

 

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Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues de An-Nahar

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