Patience du Golfe face a la stratégie iranienne : La voie fragile vers une médiation régionale
Les communications et mouvements au sein du quatuor de médiateurs régionaux — Égypte, Turquie, Pakistan et Arabie saoudite — révèlent de forts indices de négociations indirectes potentielles, ou d'une réunion préliminaire plutôt que décisive, entre Washington et Téhéran, dans le cadre d'efforts visant à prévenir l'expansion de la guerre, dont les implications passent d'une crise énergétique à une crise alimentaire. L'administration Trump répète le même schéma, offrant une autre chance à la diplomatie via le portefeuille du vice-président J.D. Vance avant d'appliquer plus de pressions militaires sur l'Iran.
Escalade militaire
Le pessimisme régnant concernant ces efforts ne provient pas des côtés américain ou israélien, car leurs politiques restent inchangées. Cibler les réacteurs d'Arak et de Bushehr ou frapper les usines de production d'acier d'Iran serait une escalade militaire visant à déstabiliser l'équation entre les côtés américano-israélien et iranien si les représailles iraniennes s'intensifient en ciblant les intérêts du Golfe.
Cependant, le désespoir vient du côté iranien, car le message des médiateurs à Téhéran souligne la nécessité de traiter la crise en tenant compte des conditions et des complexités de la région, plutôt que de parier sur les puissances régionales pour faire pression sur Washington et Tel Aviv pour arrêter la guerre, comme le pense le côté iranien et comme le suggère la Garde révolutionnaire dans ses déclarations.
La perspective iranienne n'est pas objective et est basée sur une polarité imaginée du bien et du mal, soulevant des doutes sur la compréhension par Téhéran des efforts de médiation régionale. L'intervention progressive de l'Iran avec le groupe houthi yéménite, menant à des menaces pour la navigation dans le Bab el-Mandeb, indique que Téhéran répète la même erreur qu'il a commise depuis le retrait du président Donald Trump de l'accord nucléaire en 2018, en adoptant une politique nucléaire agressive basée sur la réduction de la conformité nucléaire pour faire pression sur les puissances occidentales pour la levée des sanctions. En fin de compte, l'Iran a approché un seuil nucléaire critique, et le monde pointe maintenant des ambiguïtés concernant son programme nucléaire. Maintenant, Téhéran répète la même politique erronée, laissant entrevoir un retrait possible du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Posture défensive
L'Iran doit également avoir une vue objective envers le côté du Golfe, qui a longtemps souffert de ses politiques. Une partie de la stratégie des pays arabes du Golfe est essentiellement une réaction aux stratégies menaçantes iraniennes. Les Iraniens doivent reconnaître que les pays arabes du Golfe continuent d'exercer de la patience en maintenant une posture défensive et en évitant une implication directe, souhaitant ne pas élargir l'étendue de la guerre.
C'est le même message que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a affirmé, exprimant sa compréhension de la colère iranienne face aux politiques trompeuses des États-Unis. L'Iran a été attaqué et envahi deux fois au milieu des négociations. Cependant, il a également mis en garde Téhéran contre le fait d'être attiré dans un schéma israélien visant à entraîner les pays islamiques dans un conflit à long terme.